L’annonce de MSC (Mediterranean Shipping Company) d’instaurer une « surtaxe de guerre » marque un tournant critique pour la logistique entre le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et le continent africain. Cette décision, entrée en vigueur ce jeudi 5 mars 2026, répond directement à l’insécurité croissante dans les détroits d’Ormuz et de Bab El-Mandeb. En frappant les cargaisons à destination de l’Afrique et des îles de l’océan Indien, le leader mondial du fret maritime répercute l’explosion des coûts d’assurance et de sécurité sur des routes devenues de véritables zones de conflit larvé.
Le dispositif tarifaire dévoilé est particulièrement lourd pour les importateurs. Les cargaisons provenant du sous-continent indien vers l’Afrique de l’Est et le Mozambique subissent une majoration de 500 USD par conteneur standard (EVP) et 1 000 USD pour les unités réfrigérées. Plus frappant encore, les flux issus des pays du Golfe vers l’Afrique de l’Ouest et du Sud voient leurs coûts bondir de 2 000 USD pour un conteneur de 20 pieds, atteignant jusqu’à 4 000 USD pour les produits périssables, mettant sous haute tension les chaînes d’approvisionnement de produits essentiels.
Cette mesure ne se limite pas à un ajustement comptable, elle souligne la vulnérabilité des corridors maritimes stratégiques. Le détroit de Bab El-Mandeb, porte d’entrée du canal de Suez, et celui d’Ormuz, verrou pétrolier mondial, sont le théâtre de perturbations qui forcent les armateurs à des choix radicaux. Entre le risque de saisie de navires, les attaques de drones et la nécessité de financer des escortes privées ou des primes d’assurance « risque de guerre » prohibitives, MSC choisit de sanctuariser ses marges opérationnelles au détriment de la compétitivité des routes Sud-Sud.
L’impact socio-économique pour les pays africains et les nations insulaires comme Maurice ou les Seychelles s’annonce gravissime. Ces régions, fortement dépendantes des importations de denrées alimentaires et de biens d’équipement en provenance d’Inde et du Golfe, vont subir une onde de choc inflationniste immédiate. Les structures logistiques locales, déjà fragiles, devront absorber ces coûts supplémentaires qui risquent d’être intégralement répercutés sur le prix du panier de la ménagère, exacerbant l’instabilité économique dans les zones les plus exposées.













