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Gabon : 20 enseignants payés sur 148 promis, le premier couac qui fragilise la parole de l’État

Le gouvernement gabonais avait promis une mise en solde massive des enseignants sortants école. En février 2026, sur les 148 enseignants annoncés, seuls 20 percevront leur salaire, comme indiqué dans le dernier communiqué officiel. Le reste, soit 128 enseignants, devrait attendre jusqu’en mars pour être régularisé. Ce changement de calendrier a été qualifié d’« ajustement technique » par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong. Mais dans un contexte social déjà tendu, ce retard met en lumière les faiblesses de l’exécution gouvernementale et ravive la frustration parmi les enseignants.

La régularisation des enseignants, initialement prévue en février 2026 pour 148 agents, avait pour objectif de désamorcer la grève menée par la plateforme SOS Éducation, qui demandait la régularisation de milliers de situations administratives. Les autorités avaient fait de cette mesure un levier pour faciliter la reprise des cours. Pourtant, avec seulement 20 enseignants régularisés en février, le gouvernement change la donne et désavoue le calendrier initial. Ce décalage dans les prévisions est politiquement risqué et met en évidence un écart entre les promesses publiques et la réalité administrative.

Le problème des doubles paiements reste entier. Bien que des régularisations aient eu lieu, les 4 000 dossiers traités ne représentent qu’un pourcentage réduit par rapport aux 6 574 dossiers reçus. Les autorités annoncent avoir régularisé seulement 1 810 ex-bénévoles, soit moins de 20 % du stock total des enseignants en situation irrégulière. Ce chiffre reste cependant insuffisant pour répondre aux attentes d’une base enseignante qui réclame une régularisation totale.

L’impact économique de cette mise en solde, bien que chiffré (environ 1,18 milliard de fcfa pour 148 enseignants), ne correspond pas aux attentes de la base, qui continue de considérer cette régularisation comme partielle et trop lente. Si l’on se réfère à la masse salariale du ministère, qui représente plus de 205 milliards de fcfa, chaque retard dans les régularisations coûte non seulement en termes de retard de paiement, mais aussi en termes d’effets sur les finances publiques et le climat social.

Le principal problème réside dans l’absence de planification claire de l’exécution des engagements pris. Le décalage des dates et la confusion sur le nombre réel d’enseignants mis en solde alimentent la méfiance grandissante et rendent la sortie de crise encore plus complexe. Dans cette optique, les 148 postes budgétaires et les 4 000 régularisations promises pourraient se transformer en paroles sans effet concret, à moins que le gouvernement ne fournisse une clarification immédiate des délais et des modalités d’exécution.

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