Dans la lagune Fernan Vaz, à quelques encablures des installations pétrolières de Perenco dans le département d’Etimboué, un projet silencieux est en train de changer le rapport d’un opérateur pétrolier à son territoire. La ferme piscicole développée par l’entreprise « Terres et Eaux du Gabon » via POGG, est la première du genre en élevage lagunaire au Gabon. Entièrement financée par l’entreprise et dirigée par des Gabonais, elle vise à contribuer à l’autosuffisance alimentaire des populations locales dans les zones d’implantation de la compagnie. Un projet RSE qui repose sur une réalité économique mesurable et une chaîne de valeur pensée de bout en bout.
Produire 400 tonnes de poissons marchands par an
Les Gabonais sont les premiers consommateurs de poisson en Afrique centrale, avec une consommation moyenne annuelle de 40 kg par habitant. Pourtant, la filière pêche et aquaculture ne contribue qu’à environ 1,2% du PIB national, et le pays importe des produits de la mer pour une valeur annuelle supérieure à 15,5 milliards de fcfa.
Ce paradoxe d’un pays côtier avec 850 km de littoral, richement doté en lagunes et cours d’eau, importateur net de poisson, est précisément la brèche dans laquelle s’insère le projet de Perenco Oil & Gas Gabon (POGG). L’objectif est de produire 400 tonnes de poissons marchands par an d’ici 2030, ainsi que 800 tonnes d’aliments piscicoles fabriqués localement. « Réussir par la capacité de production à fournir à d’autres fermes qui vont se développer des alvins mais également des aliments », a confié Nestor Aworet, directeur général adjoint de POGG.

Un elevage avec des espèces autochtones
L’élevage repose sur des espèces autochtones, la carpe en tête, sans vaccins, antibiotiques ni probiotiques. « Nous avons effectué un choix d’espèce. Il y a quatre espèces du Fernan Vaz que nous avons retenues, notamment la carpe du Fernan Vaz. Un poisson qui est naturellement consommé ici », a déclaré le directeur général de Terre et Eau du Gabon, l’entreprise qui gère la ferme et embauche des compatriotes sortis de l’Ecole des Eaux et Fôrets du Gabon. Quant au processus d’élevage, il est strictement encadré. « Le système de production se divise en cinq parties, dont la première partie est la recolte des oeufs qui se fait à l’extérieur dans les bassins des géniteurs. Puis ils sont transférés dans la salle d’incubation où ils suivent les étapes restantes », a affirmé la responsable de l’écloserie.

Selon la FAO, « au Gabon, l’aquaculture en est encore à ses débuts et ne contribue pas beaucoup à la sécurité alimentaire, mais son développement offre de réelles possibilités d’emploi pour les jeunes. La demande existe et les conditions environnementales sont réunies pour promouvoir ce secteur. » Perenco s’engouffre dans cette opportunité avec une approche qui dépasse la simple production : formation des communautés riveraines à la pisciculture, développement d’une filière agricole locale pour la fabrication des aliments, et chaîne de transformation complète, poissons éviscérés, filets, darnes, surgelé.
Perenco : un promoteur actif de l’économie bleue
Le Gabon compte aujourd’hui 423 pisciculteurs et aquaculteurs actifs sur son territoire. Le gouvernement a lancé en janvier 2023 un programme de formation de 2 000 jeunes en transformation des produits de la pêche, dans lequel le projet Perenco s’inscrit en complémentarité directe avec la stratégie nationale. La lagune Fernan Vaz, classée parmi les zones humides les plus riches de l’Ogooué-Maritime, offre des conditions naturelles idéales pour cet élevage.
Le choix d’espèces autochtones préserve l’équilibre écologique du milieu, tandis que l’absence de tout intrant chimique garantit une production de qualité, traçable et naturelle. Avec cet investissement RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise), Perenco démontre qu’une compagnie pétrolière peut être, dans le même mouvement, extracteur de ressources fossiles et promoteur actif de l’économie bleue.














