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Gabon : fin de l’ère AFCONS, le grand nettoyage des contrats de « l’Ancien Régime »

Le retrait probable de la société indienne AFCONS Infrastructure du chantier de la Transgabonaise marque une rupture symbolique forte. Contractualisée en 2020 pour plus de 600 milliards de fcfa sous l’ère Ali Bongo, l’entreprise semble être la première victime industrielle du changement de paradigme politique. L’arrêt des travaux entre le PK12 et Ntoum et la liquidation du matériel signalent la fin d’une collaboration jadis présentée comme stratégique.

Ce départ s’inscrit dans une logique de recomposition du tissu économique. Depuis le 30 août 2023, le CTRI avait entrepris un audit rigoureux des grands marchés publics hérités de l’ancienne administration. AFCONS, dont les performances étaient scrutées, paie peut-être le prix d’un contrat dont les termes ne correspondent plus aux exigences de la transition. C’est le signal que l’immunité contractuelle des grands groupes étrangers n’est plus garantie.

Le désengagement d’AFCONS laisse cependant un vide opérationnel dangereux sur un axe vital. La Transgabonaise est le poumon économique du pays. Voir les engins disparaître d’un chantier à 600 milliards de fcfa est une source d’inquiétude pour les usagers et les partenaires financiers. L’État gabonais doit maintenant démontrer qu’il dispose d’une alternative crédible pour ne pas transformer ce retrait en un abandon de chantier prolongé.

Cette situation illustre également la redistribution des cartes dans le secteur du BTP. De nouveaux acteurs, nationaux ou internationaux, se positionnent déjà pour reprendre les parts de marché délaissées. La question reste de savoir si ce « grand nettoyage » se fera au profit de l’efficacité technique ou s’il s’agit simplement d’un changement de bénéficiaires financiers. La transparence sur les futurs repreneurs sera le test de probité du nouveau régime.

Le départ d’AFCONS est l’épitaphe d’un modèle de gestion de projets « présidentiels » opaques et souvent inefficaces. Pour le Gabon, l’enjeu immédiat est d’éviter l’enlisement. Si le tronçon PK24-PK105 reste à l’arrêt, le bénéfice politique du renvoi de l’entreprise indienne sera vite effacé par la colère des automobilistes. La transition économique ne peut se payer le luxe de routes inachevées au nom de la purge politique.

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