spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : grève prolongée, le risque d’une année scolaire fragilisée et d’une fracture sociale accentuée

le coup de coeur

Au-delà du bras de fer entre l’État et les enseignants, la poursuite de la grève fait peser un risque majeur sur l’année scolaire 2025-2026. Chaque journée sans cours creuse un retard pédagogique difficile à rattraper, d’autant plus que le calendrier académique gabonais est déjà contraint par des années scolaires raccourcies et des réaménagements successifs.

Le spectre d’une année scolaire fortement perturbée, voire partiellement compromise, commence à s’installer dans le débat public. Si le terme d’“année blanche” n’est pas encore officiellement évoqué par les autorités, la multiplication des journées perdues réduit mécaniquement la capacité du système à couvrir les programmes et à organiser les examens dans des conditions crédibles.

Cette situation accentue surtout une éducation à deux vitesses. Tandis que les établissements privés poursuivent leur calendrier, les élèves du secteur public, majoritairement issus des ménages les plus modestes, voient leur parcours scolaire suspendu. Le conflit social se transforme ainsi en facteur d’inégalités éducatives, avec un risque accru de décrochage scolaire et de déscolarisation, notamment dans les quartiers populaires.

D’un point de vue purement économique, le coût de cette paralysie est largement sous-estimé. La perte de capital humain, les redoublements supplémentaires et la démotivation des élèves constituent des charges futures pour l’État, bien supérieures au coût immédiat d’un règlement administratif. À moyen terme, ces effets pèsent sur la productivité, l’employabilité et la cohésion sociale.

Face à cette dynamique, le gouvernement se retrouve confronté à un arbitrage de fond. Soit il accepte un règlement structurel du passif éducatif, au prix d’un effort budgétaire significatif mais stabilisateur. Soit il laisse s’installer une crise prolongée dont les premiers perdants ne seront ni les syndicats ni l’administration, mais les élèves et leurs familles, avec des conséquences durables sur l’économie et le tissu social.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img

Derniers Articles