spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : Henri-Claude Oyima, 7 mois à l’Économie puis s’en va… sans laisser de plan ?

le coup de coeur

Sept mois. C’est le temps qu’aura passé Henri-Claude Oyima à la tête du ministère de l’Économie, avant de quitter ses fonctions sans livrer le document qu’il avait pourtant lui-même annoncé comme central : un nouveau plan directeur de développement. En marge du Gabon Economic Forum de Juillet 2025, l’ancien ministre de l’Economie et des Finances avait promis un cadre stratégique renouvelé, censé rompre avec les errements passés et donner une trajectoire claire à l’économie gabonaise.

Le résultat est loin de la promesse. Le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, présenté après son départ, affiche un montant de 4 536 milliards de fcfa et… une troublante ressemblance avec les documents antérieurs. Même enveloppe globale, mêmes secteurs “prioritaires”, mêmes causes structurelles identifiées. Dans sa version actuelle, le PNCD apparaît surtout comme un copier-coller du PNDT, rebaptisé, réorganisé à la marge, mais sans rupture méthodologique ni bilan critique du cycle précédent. Sept mois n’auront apparemment pas suffi pour le produire.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que c’est Oyima lui-même qui avait mis la barre haut. Banquier chevronné, rompu aux exigences de crédibilité des investisseurs, il avait insisté sur la nécessité d’un plan réaliste, hiérarchisé et finançable, capable de restaurer la lisibilité de l’action publique. Or, le document laissé derrière lui reste préliminaire, sans phasage précis, sans priorisation claire des 293 projets annoncés, et sans mécanismes contraignants d’évaluation ou d’arbitrage.

Cette sortie sans plan abouti laisse un vide politique et technique. Dans un contexte où le Gabon cherche à rassurer les marchés, à structurer ses partenariats public-privé et à renouer avec des bailleurs exigeants, l’absence d’un cadre stratégique solide renforce l’idée d’une économie pilotée par annonces successives, plus que par une vision stabilisée. Le PNCD, tel qu’il est présenté, peine à se distinguer d’un catalogue d’intentions déjà vu.

En quittant le ministère sans livrer l’outil qu’il avait lui-même promis, Henri-Claude Oyima laisse surtout un symbole : celui d’une transition inachevée entre l’ambition affichée de rupture et la réalité administrative d’un État qui peine à transformer ses diagnostics en stratégie opérationnelle. La question demeure entière pour son successeur : le Gabon changera-t-il enfin de méthode, ou continuera-t-il à changer de plan sans jamais changer de trajectoire ?

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img

Derniers Articles