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Gabon: la facturation électronique met la classe moyenne sous pression

La réforme phare du Projet de Loi de Finances 2026 s’appelle facturation électronique. À partir de janvier, toutes les entreprises réalisant plus de 30 millions de fcfa de chiffre d’affaires annuel devront adopter un système de facturation numérique connecté à la Direction générale des impôts. Objectif : traquer la fraude, réduire les fausses déclarations et augmenter les recettes de 10% dès la première année.

Mais cette modernisation à un coût caché : les équipements homologués exigés par la DGI valent entre 400 000 et 1 million de fcfa l’unité. Pour les PME, commerçants et professions libérales, ces dépenses viennent s’ajouter à une trésorerie déjà tendue. Selon les estimations du Trésor, près de 18 000 entreprises seront concernées dès 2026, soit plus de 60% du tissu économique formel.

La DGI justifie la mesure par une perte fiscale annuelle de 150 milliards de fcfa liée à la fraude. Mais pour les acteurs du privé, c’est une réforme mal calibrée : les grandes entreprises absorberont facilement le choc, tandis que les structures moyennes paieront le prix de la conformité.

L’administration promet un accompagnement technique, mais aucun dispositif d’allègement financier n’est prévu. Les logiciels agréés et les terminaux devront être achetés comptant. Un entrepreneur indépendant devra ainsi consacrer jusqu’à 8% de ses revenus annuels à la seule mise en conformité.

Résultat : une réforme fiscalement logique, mais socialement asymétrique. En ciblant les entreprises solvables, le fisc renforce son efficacité, au risque d’étouffer la classe moyenne entrepreneuriale, pourtant moteur de la croissance nationale. Une mesure qui au lieu de stimuler l’innovation et la performance pourrait avoir l’effet inverse. 

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