mardi, juillet 16, 2024
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    Gabon : la suspension des décaissements de la Banque mondiale révèle-t-elle une crise de confiance ?

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    Le Gabon traverse une période tumultueuse sur le plan économique et financier. La récente décision de la Banque mondiale (BM) de suspendre les décaissements de certains prêts et subventions en raison d’arriérés de 10 milliards de fcfa (environ 17 millions de dollars) met en lumière les difficultés persistantes du pays à honorer ses obligations financières.

    Malgré les déclarations rassurantes du gouvernement gabonais et de ses proches conseillers, la réalité semble plus complexe. Le 17 juin dernier, les autorités de transition avaient pourtant souligné les efforts réalisés en matière de remboursement de la dette. Le ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissi, avait alors indiqué que, entre septembre 2023 et avril 2024, le Gabon avait remboursé 798 milliards de fcfa de dette publique, tout en enregistrant un désendettement net de 104 milliards de fcfa.

    Pourtant, à peine deux semaines plus tard, la Banque mondiale a annoncé, en date du 1er juillet 2024, la suspension des décaissements pour le Gabon. Cette décision concerne les prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) non encore retirés, ainsi que des avances du Fonds de préparation de projets, du Fonds de développement institutionnel et de certains prêts et subventions des fonds fiduciaires administrés par la BIRD.

    Les implications économiques de cette suspension

    Cette suspension pourrait avoir des répercussions négatives sur l’économie gabonaise, notamment :

    Interruption des projets de développement : les projets financés par les fonds internationaux risquent de se trouver à l’arrêt, ce qui pourrait ralentir le développement des infrastructures et affecter des secteurs clés tels que la santé et l’éducation.

    Détérioration de la crédibilité financière : aux yeux des investisseurs et des autres institutions financières internationales, le Gabon pourrait désormais apparaître comme un partenaire peu fiable, compliquant ses futures tentatives d’emprunt à des taux favorables.

    Pression accrue sur les finances publiques : pour compenser le manque de financement externe, le gouvernement pourrait être contraint de puiser davantage dans ses ressources intérieures, ce qui pourrait impliquer une hausse de la fiscalité ou des réductions budgétaires.

    Répercussions sociales et politiques : l’incertitude économique et la perception d’une mauvaise gestion de la dette pourraient provoquer mécontentement et instabilité au sein de la population.

    Le ministre des Comptes publics est attendu

    Face à cette crise, les attentes se tournent vers le ministre des Comptes publics, Charles M’ba, qui aura une tâche ardue pour rétablir la confiance et trouver des solutions permettant de régler ces arriérés. Il devra également entreprendre des réformes rigoureuses pour améliorer la gestion des finances publiques, afin d’éviter que cette situation ne se reproduise. 

    En définitive, la suspension des décaissements par la Banque mondiale est un signal d’alarme pour le Gabon. Au-delà des chiffres, c’est une question de crédibilité et de stabilité économique qui est en jeu. Le gouvernement de transition devra montrer une détermination sans faille et une grande transparence pour surmonter cette épreuve et restaurer la confiance des partenaires financiers et des citoyens gabonais.

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