Le rapprochement diplomatique entre le Gabon et l’Italie, intensifié par les échanges récents entre le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la Présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni, marque un tournant stratégique majeur. Au cœur de cette dynamique se trouve le « Plan Mattei », une initiative de Rome visant à construire un partenariat d’égal à égal avec l’Afrique. Pour le Gabon, ce cadre représente une opportunité de diversifier ses partenaires européens traditionnels en s’appuyant sur une puissance industrielle qui cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en favorisant le développement local.
L’énergie constitue le pilier central de cette collaboration. L’expertise italienne, portée par des géants comme ENI, propose un modèle de transition pragmatique axé sur la valorisation du gaz naturel et le déploiement des énergies renouvelables. L’objectif est de transformer le potentiel énergétique gabonais en un levier de croissance industrielle, permettant non seulement de stabiliser le réseau électrique national, mais aussi de réduire l’empreinte carbone du secteur extractif. Ce transfert de technologie est essentiel pour un Gabon qui souhaite concilier exploitation des ressources et respect des engagements climatiques.
Au-delà des hydrocarbures, l’Italie lorgne les secteurs de la transformation agro-industrielle et de la gestion durable des forêts. Le savoir-faire italien en matière de machines-outils et de design pourrait révolutionner la filière bois gabonaise, en passant d’une exportation de grumes à une production de meubles et de matériaux de construction à haute valeur ajoutée. L’ambassadeur Stefano Moscatelli a d’ailleurs souligné que la préservation de la biodiversité gabonaise, véritable « poumon vert » du continent, est un atout que Rome souhaite intégrer dans ses projets de crédits carbone et d’économie circulaire.
Mais ce rapprochement s’inscrit dans une volonté de sécurisation des investissements par la transparence. En intégrant le Plan Mattei, le Gabon s’aligne sur des standards européens de gouvernance qui rassurent les capitaux privés. Cette « offensive économique » ne se limite pas à des déclarations d’intention ; elle préfigure une présence accrue des PME italiennes dans les infrastructures et les transports, transformant Libreville en un hub stratégique pour les intérêts italiens en Afrique Centrale, tout en offrant au Gabon les outils de sa propre souveraineté économique.














