Le communiqué final du Conseil des ministres du 5 janvier 2026 se présente comme un acte fondateur : fin des discours, place aux résultats. L’exécutif promet une rupture méthodologique, fondée sur l’exécution, la redevabilité et l’impact mesurable. Sur le papier, le diagnostic est juste. Dans les faits, le pays a déjà entendu ce type de proclamation, souvent au moment précis où la confiance publique était la plus fragilisée.
Sous Ali Bongo, le PSGE devait faire du Gabon un « Petit Dubaï », moderne, attractif et performant. L’ambition n’était pas moindre. Elle s’est toutefois heurtée aux mêmes obstacles que ceux identifiés aujourd’hui : administration lente, faible capacité d’exécution, déconnexion entre plans stratégiques et réalités institutionnelles. La nouveauté n’est donc pas le discours, mais la promesse de ne plus se contenter du discours.
En érigeant le PNCD en boussole exclusive, le Chef de l’État tente d’imposer une discipline gouvernementale. Mais cette centralisation de la vision pose une question essentielle : un document, aussi structuré soit-il, peut-il corriger des décennies de pratiques administratives défaillantes sans réforme profonde de l’appareil d’État ?
La volonté affichée de résultats « visibles et durables » se heurte déjà à une réalité sociale tendue, notamment dans l’éducation et la fonction publique. Or, l’histoire récente montre que c’est souvent dans la gestion des urgences sociales que les grandes ambitions étatiques se diluent. Ce communiqué marque néanmoins une rupture. Cependant, le Gabon n’est pas à court de visions. Il est à court de preuves que l’État sait tenir dans la durée ce qu’il annonce avec solennité.











