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Gabon : le gouvernement s’en remet au groupe chinois Fuhuang pour sa politique de logement

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Le gouvernement gabonais a engagé des discussions avec le conglomérat chinois Fuhuang, spécialisé dans les structures en acier et le logement préfabriqué, pour soutenir un programme national de construction. La délégation conduite par le CEO Moses Xu a mis en avant la rapidité de déploiement et l’efficacité industrielle de solutions modulaires, arguments attractifs face à l’ampleur du déficit de logements estimé par les autorités. Sur le papier, la proposition répond à un besoin immédiat : fournir des unités habitables rapidement et à moindres coûts de chantier.

Sur le plan technique, Fuhuang présente des références solides dans la conception et la fabrication d’ossatures métalliques, ainsi qu’une capacité industrielle concentrée dans la province d’Anhui. L’entreprise propose des offres clés en main, fabrication, transport et montage, qui conviennent particulièrement aux chantiers nécessitant un gain de temps. Ces caractéristiques expliquent l’intérêt affiché côté gabonais, désireux d’obtenir des résultats visibles rapidement et de soulager la pression sur le parc immobilier.

Pourtant, plusieurs zones d’ombre subsistent dans l’offre telle qu’elle a été présentée : aucun budget global, aucun modèle de financement public-privé détaillé, ni engagements fermes sur les volumes et les sites n’ont été rendus publics. Autre point crucial, la documentation publique sur des implantations pérennes de Fuhuang en Afrique reste limitée ; l’expérience internationale de l’industriel paraît surtout concentrée en Asie du Sud-Est, ce qui soulève la question des capacités d’adaptation au contexte local gabonais (logistique, normes, main-d’œuvre).

Du point de vue du développement local, la promesse de transfert de compétences est souvent évoquée dans ce type d’accords, mais elle doit être spécifiée contractuellement : niveaux de formation, durée des missions d’assistance, localisation d’unités de production et conditions de sous-traitance locales. Sans ces garanties, le risque est double entre des logements livrés rapidement mais peu adaptés aux besoins finaux, et un apport limité à l’emploi et aux compétences nationales, au bénéfice d’un montage majoritairement importé.

La question finale reste qu’en privilégiant la rapidité et des solutions importées, l’État gabonais mise-t-il sur une réponse durable à la crise du logement ou sur un palliatif visible à court terme ? Le gouvernement dispose-t-il des instruments contractuels et des mécanismes de contrôle nécessaires pour transformer ce partenariat en véritable catalyseur de développement local ?

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