Le Projet d’Appui à la Diversification de l’Économie Gabonaise (PADEG), doté d’un financement global de 62,740 millions d’euros (environ 41,1 milliards de fcfa obtenus en 2020), fait face à un retard d’exécution alarmant alors que le projet a débuté en 2018 sous l’ère Ali Bongo. À la date du rapport en août 2025, le montant effectivement décaissé ne s’élève qu’à 8,037 UAC, ce qui représente un taux de consommation des ressources de seulement 15,45 %. Cette situation place le projet dans une zone de risque critique, alors que la date limite pour le dernier décaissement est impérativement fixée au 31 décembre 2026.
L’analyse de la Banque Africaine de Développement (BAD) révèle que la performance globale du projet est jugée « insatisfaisante » tant pour la période actuelle que précédente. Ce blocage financier n’est pas dû à un manque de ressources, mais à une paralysie opérationnelle qui empêche l’engagement des 84,55 % du budget restant. Le rapport souligne que la conception initiale du projet a péché par une fragmentation excessive, multipliant inutilement les procédures de passation de marché au lieu de favoriser des regroupements stratégiques.
Pour tenter de débloquer les fonds, une « thérapie de choc » administrative a été instaurée, incluant des réunions de suivi hebdomadaires entre la Coordination du Projet (CEP) et la Banque. Le renforcement des capacités fiduciaires a été doublé, et un second Spécialiste en Passation des Marchés (SPM) a été recruté pour éponger le flux important d’opérations en attente. Ces mesures visent à transformer une gestion jugée inefficace en une machine à exécuter capable de rattraper le temps perdu avant l’échéance finale.
Mais malgré ces correctifs, le statut du projet demeure « Problématique ». Le passage de la vieille à la « nouvelle République » au Gabon a également nécessité un temps d’arrêt pour réaligner le portefeuille d’activités sur les priorités du nouvel exécutif national. Ce réalignement passe par une révision de la liste des biens et services (RLBS) actuellement en cours, une étape indispensable pour que les investissements de la BAD répondent aux besoins réels du gouvernement.














