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Gabon : les failles de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA) une nouvelle fois exposées

le coup de coeur

Un incident technique sur le pipeline reliant la SOGARA au dépôt de OLA Energy à Port-Gentil révèle à nouveau les fragilités de l’infrastructure pétrolière gabonaise. Le blocage d’un racleur, instrument de nettoyage interne d’une conduite, sur ce tronçon de neuf kilomètres a entraîné un ralentissement de la distribution d’essence dans la capitale économique. Le ministère du Pétrole et du Gaz a immédiatement ordonné le délestage par camion-citernes, signe que la dépendance à un maillon unique du réseau reste critique.

Si sur le plan financier, SOGARA affiche des résultats en apparence rassurants avec un chiffre d’affaires de 716,8 milliards de fcfa en 2024, en hausse de 6% par rapport à 2023 (676 milliards) et un volume de brut traité passé de 666124 tonnes à 910113 tonnes (+36,6%), plusieurs éléments inquiètent. D’une part, une seule raffinerie en activité, usée par le temps, qui a vu un effondrement de 66,9% de l’activité de raffinage en fin 2023.  D’autre part, les créances que SOGARA laisse à ses partenaires commencent à peser : par exemple, la société Maurel & Prom a dû recouvrer une dette de 14,2 milliards de fcfa auprès de SOGARA.

En un mot, la performance est là, mais le modèle reste vulnérable. Cet épisode survient dans un contexte déjà marqué par le flou entourant la structure publique Gabon Oil Company (GOC) et l’ancienne entité privée Assala Energy. L’État gabonais a racheté 75% d’Assala pour renforcer sa souveraineté pétrolière, via la GOC. Cependant, la mécanique financière de l’opération continue de soulever des interrogations légitimes : un amortissement fondé sur la production future de 12 millions de barils/an alors que les gisements semblent en déclin. 

Par ailleurs, la fusion prévue entre la SOGARA et la GOC avait été abandonnée en 2020. Un ensemble d’éléments qui laisse planer un doute : comment dans un tel contexte la SOGARA peut-elle assumer seule la stabilité de l’approvisionnement national en essence ?

Si la raffinerie a su améliorer ses résultats commerciaux à court terme, cet incident technique montre que la dépendance à une unique raffinerie et à un réseau d’aval non diversifié reste un talon d’Achille. Le contexte ambiant, entre promesses de modernisation, dettes et retards structurels, impose au gouvernement gabonais une réflexion urgente sur la stratégie énergétique nationale. Il serait légitime de s’interroger : aura-t-on bientôt une alternative viable ou cet incident sera-t-il l’annonce d’un défaut systémique du secteur ?

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