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Gabon : l’État mise sur la formalisation de la faune sauvage pour doper les recettes publiques

L’idée émane du ministère des Eaux et Forêts. Le Gabon entend désormais structurer la filière de la viande de brousse et le commerce du buffle. Alors que le pays jouit d’un couvert forestier exceptionnel de plus de 80 %, le gouvernement souhaite sortir cette activité de l’informalité pour en faire un véritable pilier économique. Cette réforme ambitieuse vise à transformer une pratique ancestrale en un secteur régulé, capable de générer des flux financiers pérennes pour les caisses de l’État tout en garantissant une traçabilité sanitaire rigoureuse.

Cette nouvelle orientation annoncée lors du dernier conseil des ministres, s’inspire du regard particulier déjà porté sur la filière porcine, en cherchant à appliquer des mécanismes de rentabilité similaires aux ressources cynégétiques. En encadrant légalement le prélèvement et la vente de certaines espèces, le Gabon entend mettre en place une fiscalité verte innovante. Les redevances de chasse, les licences de commercialisation et les taxes sur les produits de la faune sauvage pourraient ainsi constituer une source de revenus non négligeable, diversifiant davantage les entrées budgétaires du pays.

Le potentiel de cette exploitation durable repose sur l’immense densité animale qu’abrite la forêt gabonaise. Plutôt que de subir un braconnage de subsistance non productif pour l’économie nationale, le pays choisit de piloter sa biodiversité comme un actif financier. Cette approche permet non seulement de valoriser le patrimoine naturel, mais aussi de créer une chaîne de valeur organisée allant des zones rurales jusqu’aux étals des marchés urbains, offrant ainsi des opportunités d’emplois légaux et stables.

Cette formalisation pourrait jouer un rôle clé dans la gestion du conflit Homme-Faune, en transformant une source de nuisance en une source de richesse pour les communautés locales. En intégrant les populations villageoises dans ce circuit commercial formel, l’État les incite à devenir des acteurs de la préservation de l’écosystème. À terme, le Gabon ambitionne de prouver que la conservation de la forêt et la croissance économique peuvent coexister, faisant de sa faune sauvage un levier de souveraineté alimentaire et financière.

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