Le départ de Henri-Claude Oyima du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations intervient dans un contexte de blocage prolongé avec le Fonds monétaire international, devenu l’un des principaux points de fragilité de la trajectoire macroéconomique du Gabon. Malgré plusieurs mois d’échanges techniques, aucun accord formel n’a pu être conclu, privant le pays d’un programme censé sécuriser le cadre budgétaire, rassurer les investisseurs et faciliter l’accès aux financements concessionnels.
Cette rupture intervient alors que les besoins de financement de l’État restent élevés. Le budget 2026 est projeté à 6 358 milliards fcfa, dont 4 221 milliards fcfa de dépenses de fonctionnement et 2 137 milliards fcfa d’investissements publics. En l’absence d’appui du FMI, l’exécutif a accentué son recours au marché financier régional, qui concentre désormais l’essentiel des émissions de titres publics, au prix d’un renchérissement progressif du coût de la dette et d’une pression accrue sur la liquidité domestique.
Sous la tutelle d’Henri-Claude Oyima, la stratégie a privilégié la continuité budgétaire et la lutte contre la vie chère, mais sans parvenir à lever les réserves du FMI sur la qualité de l’ajustement budgétaire, la transparence des finances publiques et la soutenabilité de la dette. Ces fragilités ont pesé sur la perception du risque souverain, matérialisée par la dégradation de la note du Gabon par Fitch Ratings, passée de CCC à CC, renforçant l’isolement financier du pays sur les marchés internationaux.
Dans ce contexte, la sortie d’Oyima apparaît moins comme un simple ajustement politique que comme la conséquence directe d’un échec stratégique sur le front financier international. Pour Sika Finance, le signal est clair : sans ancrage avec le FMI, la trajectoire budgétaire gabonaise demeure vulnérable, malgré une croissance attendue à 6,5 % en 2026 et une inflation projetée sous les 3 %.
La nomination d’une nouvelle équipe au ministère de l’Économie, renforcée par un ministre délégué au Budget, traduit désormais une priorité explicite : réouvrir le dossier FMI. Plus qu’un appui financier, un programme avec l’institution de Bretton Woods est devenu un outil de crédibilité macroéconomique, indispensable pour encadrer la dette, restaurer la confiance des bailleurs et sécuriser la trajectoire économique du Gabon à moyen terme.











