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Gabon : pourquoi Foumboula a dit non au projet de loi de finances qu’ils jugent «antisociales»

le coup de coeur

Le débat sur le projet de loi de finances 2026 a pris fin ce mercredi 29 octobre 2025 avec le vote à la quasi unanimité par les députés de la Transition. Cependant, l’honorable Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a exprimé de vives réserves. Selon lui, le texte, dans sa version actuelle, trahit la promesse gouvernementale de redonner dignité et pouvoir d’achat aux Gabonais. Derrière les ambitions de redressement budgétaire, il dénonce une série de mesures fiscales qu’il juge « antisociales », touchant directement les plus vulnérables.

Première critique formulée, le traitement inéquitable réservé aux personnes vivant avec un handicap. Foumboula regrette que le gouvernement ait par exemple refusé d’exonérer de TVA les biens et matériels destinés à ces populations, alors même que les entreprises des secteurs pétrolier, minier et forestier bénéficient de larges exonérations. Pour lui, cette décision illustre une politique budgétaire qui favorise les puissants au détriment de la justice sociale, en contradiction avec les engagements pris contre la vie chère.

Deuxième point de friction, la hausse généralisée de la TVA sur plusieurs produits de consommation courante. Le taux passe de 5 à 10% pour des articles comme l’eau minérale, les lessives, le fer à béton, les ordinateurs ou encore les factures d’eau et d’électricité. Cette augmentation, selon le député, pèsera lourdement sur le quotidien des ménages déjà fragilisés. À cela s’ajoute la création d’une « Contribution pour l’amélioration du cadre de vie » fixée à 9%, qui remplacera la taxe sur les ordures ménagères, alourdissant encore davantage les charges des foyers.

Le troisième angle d’attaque porte sur les incohérences du gouvernement en matière de santé publique et de soutien à la jeunesse. Foumboula dénonce la baisse des droits d’accises sur les cigarettes, ramenés de 500 à 250 fcfa par paquet, alors qu’il plaidait pour un relèvement à 1000 fcfa afin de dissuader la consommation. Il critique aussi l’absence de dispositif fiscal en faveur des jeunes entrepreneurs, qui ne bénéficieront d’aucune exonération de patente pendant leur période d’accompagnement.

Le député s’insurge par ailleurs contre la suppression de plusieurs subventions et acquis sociaux, notamment dans les secteurs de l’éducation et des médias publics. La disparition de 56 milliards d’engagements sociaux dont les salaires des agents d’Africa N°1 et le financement des examens nationaux, contraste avec les 156 milliards réservés aux « dépenses de prestige » et les 157 milliards alloués au fonds d’études sectorielles. Pour lui, ce déséquilibre budgétaire traduit une gestion déconnectée des réalités sociales et fait craindre une « catastrophe sociale » si des corrections ne sont pas rapidement introduites.

Souhaitant que ses réserves soient inscrites dans le procès-verbal parlementaire, Foumboula appelle à une révision du texte lors d’une future loi rectificative. Sa position, partagée par d’autres députés de la Transition, met en lumière le fossé grandissant entre la politique économique du gouvernement et les attentes sociales des Gabonais, qui espéraient du renouveau une gouvernance plus juste et plus proche du peuple.

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