La souveraineté économique occupe une place centrale dans le projet présidentiel : transformation locale, agriculture, industrie, économie verte. Le diagnostic est largement partagé et rarement contesté. Le Gabon continue d’exporter majoritairement des matières premières brutes tout en important l’essentiel de ses biens de consommation, fragilisant sa balance commerciale et son tissu productif.
Mais cette ambition n’est pas nouvelle. Elle figurait déjà dans les stratégies précédentes, notamment le PNDT, sans jamais parvenir à s’imposer durablement. Les mêmes contraintes reviennent : énergie instable, logistique coûteuse, faible intégration régionale, accès limité au financement productif. Le projet actuel hérite de ces fragilités structurelles qu’il ne détaille pas toujours dans leur complexité.
La souveraineté économique suppose une montée en compétence rapide de l’État, mais aussi du secteur privé national. Or, le tissu entrepreneurial local reste fragile, peu capitalisé et fortement dépendant de la commande publique. Sans champions industriels solides, la transformation locale reste un objectif politique plus qu’un processus économique autonome.
Le discours souverainiste séduit sur le plan politique, mais il expose l’État à une épreuve de cohérence. Produire localement coûte plus cher à court terme, nécessite des subventions ciblées et impose des arbitrages budgétaires difficiles. Le projet ne dit pas encore clairement comment ces coûts seront absorbés sans créer de nouvelles distorsions.
Sans réponses opérationnelles sur le financement, la compétitivité et l’accès aux marchés, la souveraineté économique risque de demeurer un horizon stratégique affirmé, mais structurellement contraint par les mêmes limites que par le passé.











