La visite du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, à la Fonction publique, lundi dernier, a agi comme un révélateur brutal de l’état réel de l’administration. À l’occasion de la levée du drapeau prévue à 7h30, aucun des principaux responsables n’était présent. Une absence collective, survenue lors d’un rituel de discipline et de respect institutionnel, qui a immédiatement retenu l’attention du Chef de l’État.
Suspension de hauts responsables administratifs
Au-delà des chaises vides, un autre détail a frappé les esprits: des dossiers entassés à même le sol dans les bureaux. Cette image, lourde de symboles, a donné à voir une administration désorganisée, où les archives et les procédures, pourtant cœur de l’action publique, semblaient reléguées au rang d’objets encombrants. Pour le Président, il ne s’agissait plus d’un simple dysfonctionnement, mais d’un problème de méthode et de culture administrative.
Quelques jours plus tard, la réponse est donc tombée. Les fonctions des membres du cabinet du ministre ont été interrompues et plusieurs hauts responsables administratifs ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre, notamment au secrétariat général, à la fonction publique, au recrutement, à la gestion du personnel et à la communication. La décision, sans mention de motifs précis, marque néanmoins une volonté claire de remettre de l’ordre au sommet de l’appareil administratif.
Présence, ponctualité et respect non négociables
Dans le même esprit de rigueur, une suspension a également été prononcée au niveau provincial, dans le secteur de l’urbanisme au Woleu-Ntem. Ce prolongement territorial du signal envoyé montre que la mesure dépasse le cadre d’une réaction ponctuelle et s’inscrit dans une logique de discipline généralisée de l’administration publique.
À travers cette cascade de suspensions, le message du pouvoir est limpide. Désormais, la présence, la ponctualité et le respect des règles ne sont plus négociables. L’État entend désormais se faire servir à l’heure, dans l’ordre et dans le respect de ses symboles, sous peine de sanctions immédiates.











