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Le Gabon face au choc des surtaxes annoncées, un défi pour Owendo

L’annonce de MSC de taxer lourdement les flux en provenance du Golfe et de l’Inde frappe le port d’Owendo en plein cœur de sa stratégie de hub sous-régional. Bien que le Gabon ne soit pas géographiquement proche des zones de conflit, sa dépendance aux importations de biens manufacturés « Sud-Sud » le place en première ligne. Le terminal à conteneurs de Libreville, géré en partenariat avec GSEZ et d’autres acteurs internationaux, voit ses coûts d’approche exploser pour une large gamme de produits essentiels, des matériaux de construction aux équipements domestiques.

Cette hausse de 2 000 USD par conteneur de 20 pieds crée un effet de ciseau financier pour les transitaires gabonais. Les marges de manœuvre sont d’autant plus réduites que le port d’Owendo traite un volume croissant de marchandises en provenance de Dubaï (Jebel Ali) et de Mumbai, qui servent de centres de redistribution mondiaux. L’augmentation brutale des frais de transport risque d’allonger les délais de dédouanement, les importateurs peinant à mobiliser les liquidités nécessaires pour couvrir ces imprévus tarifaires à l’arrivée des navires.

L’impact opérationnel se double d’un défi logistique : la prévisibilité. Les navires de MSC, pour éviter les zones à risque ou compenser les retards dus aux déroutements, pourraient réorganiser leurs escales en Afrique de l’Ouest. Pour le Gabon, cela signifie un risque accru de « blank sailings » (escales annulées) ou de transbordements supplémentaires dans des ports comme Lomé ou Kribi, renchérissant encore le coût final de la marchandise une fois déposée sur le quai d’Owendo.

Cette situation met à l’épreuve la résilience de la plateforme portuaire gabonaise. Alors que le pays investit massivement dans la modernisation de ses infrastructures pour attirer les flux internationaux, une telle instabilité des tarifs maritimes mondiaux freine l’élan de croissance du secteur logistique national. Le défi pour les autorités portuaires sera de maintenir l’attractivité du terminal malgré des coûts de fret qui échappent totalement au contrôle local.

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