Moins visible que les subventions, la trajectoire des recettes douanières constitue l’un des paris les plus structurants de la loi de finances 2026. Les droits et taxes de douane sont attendus à 707,35 milliards de fcfa, contre 488,50 milliards en 2025, soit une hausse de 218,86 milliards en un an, équivalente à +45 %. Jamais les douanes n’avaient eu à atteindre un tel objectif en une année.
Cette progression ne repose pas sur une augmentation généralisée des taux comme on pourrait le croire. Loin s’en faut. Le texte budgétaire mise principalement sur une amélioration des recettes par le rendement : réduction des régimes dérogatoires, lutte contre la sous-facturation, meilleure valorisation en douane des marchandises et poursuite de la digitalisation des procédures.
Les recettes de 2025 avaient été pénalisées par des faiblesses structurelles de collecte et par des pertes de base fiscale. En 2026, l’objectif est de rapprocher les encaissements effectifs du potentiel théorique lié aux volumes d’importations. Le logiciel Sydonia World devrait grandement participer à atteindre cet objectif.
Ce choix ou cette injonction faite aux services douaniers reflète également, une logique plus pragmatique. Dans un contexte de contraintes budgétaires, les douanes apparaissent comme l’un des leviers les plus rapidement mobilisables pour sécuriser des recettes additionnelles, sans alourdir directement la fiscalité sur les entreprises et les ménages.
L’équation reste une fois encore l’exigence. Atteindre une telle hausse en un an suppose une montée en puissance rapide des capacités opérationnelles et un resserrement effectif des contrôles. La crédibilité du budget dépendra donc, en grande partie, de la capacité des services douaniers à transformer cette ambition en résultats concrets. Souvent perçue comme l’un des centres névralgiques de la corruption, la douane devrait donc se défaire dès cette année, de cette image qui lui colle à la peau.











