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Référendum 2024 : l’absence d’une coordination nationale pour le «Non», preuve d’un parti-pris du CTRI ?

le coup de coeur

Le référendum constitutionnel en cours au Gabon est devenu un terrain de tensions politiques, non seulement en raison des accusations de corruption et de manipulation, mais aussi en raison de l’absence d’une véritable coordination du camp du «Non». Alors qu’une coordination pour le «Oui» a été mise en place, portée et soutenue par le Premier ministre Raymond Ndong Sima et le président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema, pourtant censé être impartial. Cette défaillance organisationnelle risque de rendre l’opposition encore plus vulnérable dans une consultation populaire où les inégalités de moyens sont déjà flagrantes. Pour un référendum populaire, c’est inquiétant pour la gestion des élections par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.

Alors que le camp du «Oui» bénéficie d’un soutien financier massif de l’Etat et d’un accès privilégié aux médias publics, les partisans du «Non» se retrouvent livrés à eux-mêmes. L’absence d’une structure unifiée pour porter leur message a été un obstacle majeur dans la campagne, exacerbant le sentiment de marginalisation parmi ceux qui s’opposent au projet constitutionnel. Alors qu’une fraction des associations de la société civile s’est retirée de la campagne pour dénoncer les pratiques douteuses qui entourent le financement du «Oui», aucun leader clairement identifié ni organisation structurée n’a pu fédérer les voix du rejet du projet. Cette dispersion a pour conséquence directe une inefficacité de la mobilisation, rendant difficile l’organisation d’une campagne cohérente et percutante.

Le « Oui » financé et le « Non » marginalisé

Cette absence de coordination nationale pour le camp du «Non» contraste cruellement avec l’efficacité du camp du «Oui», soutenu par une coalition d’acteurs bien organisés, y compris des associations et des figures de la société civile qui auraient été attirées par des promesses financières. Selon plusieurs sources, plus de 200 millions de fcfa auraient été versés à des leaders influents de la société civile pour s’assurer de leur soutien. Cette stratégie a permis au «Oui» de se constituer en une véritable machine de guerre politique, tandis que les partisans du «Non», démunis, peinent à s’imposer dans le débat public.

LIRE AUSSI : Gabon : plus de 200 millions de fcfa versés à la société civile pour soutenir le «OUI» au référendum constitutionnel

L’absence de coordination ne se limite pas uniquement aux aspects logistiques ou financiers. Elle a également des répercussions sur la visibilité médiatique du «Non». Alors que les médias publics, aux mains de l’État, relaient massivement les arguments en faveur du «Oui» sur coup de matraquage télévisuel, les voix dissidentes sont systématiquement ignorées ou sous-représentées. Dans un climat où l’accès aux médias est un facteur déterminant pour atteindre les électeurs, la faiblesse de l’opposition au projet constitutionnel dans ce domaine se traduit par un manque de visibilité qui nuit à la crédibilité de son argumentaire.

Utilisation partisane du budget du référendum

En outre, cette situation d’émiettement du camp du «Non» fait écho à un problème structurel plus profond : la faiblesse de l’opposition politique au Gabon et l’utilisation partisane du budget électoral  au Gabon. L’absence d’une force politique unifiée et cohérente, capable de fédérer les différentes tendances de l’opposition au projet constitutionnel, reste une caractéristique majeure du paysage politique gabonais. L’histoire récente du pays montre que les forces d’opposition se fragmentent souvent en plusieurs factions concurrentes, ce qui rend difficile toute action collective efficace.

LIRE AUSSI : Référendum 2024 : l’heure de vérité pour Raymond Ndong Sima

Ce manque de structuration a aussi des répercussions sur la gestion des ressources et sur l’impact des actions de terrain. Alors que le camp du «Oui» bénéficie de financements Étatiques conséquents pour mener des campagnes de mobilisation et des actions de terrain, les partisans du «Non» se retrouvent souvent dans l’incapacité de mener des actions similaires, faute de moyens et de coordination, alors que 28 milliards de fcfa ont été décaissés par le trésor public pour l’organisation de cette campagne, indépendamment du camp auquel appartiendraient les uns et les autres. Les membres d’associations et de collectifs qui se sont engagés à faire entendre la voix de l’opposition se sentent lésés, frustrés et délaissés par des dirigeants incapables de structurer une réponse collective à l’ampleur de la campagne en faveur du «Oui».

Dans un contexte où la transparence du processus référendaire est déjà largement mise en doute, l’absence d’une véritable force d’opposition organisée aggrave encore la perception d’un référendum inéquitable. Pour beaucoup de citoyens gabonais, ce climat de division et de fragmentation dans le camp du «Non» est un signe supplémentaire de l’inefficacité des institutions politiques et de la faiblesse de la démocratie dans le pays. 

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