Selon le Bulletin du marché des titres publics de la BEAC, au 31 janvier 2026, le Gabon s’illustre par une maturité financière remarquable de ses citoyens sur le marché des titres publics de la CEMAC. Avec un encours de 71,7 milliards de fcfa détenu par des personnes physiques, le pays surclasse nettement le Cameroun, dont les particuliers ne mobilisent que 25,9 milliards de fcfa. Cette performance est d’autant plus frappante que le Cameroun est la locomotive économique de la zone, révélant ainsi un intérêt trois fois plus marqué des ménages gabonais pour les produits d’épargne souverains.
Ce dynamisme gabonais s’inscrit dans une stratégie élargie de leadership sur le marché financier régional. Le Gabon est actuellement le premier émetteur de la CEMAC avec un encours total de 2 887 milliards de fcfa, représentant plus de 30 % des parts du marché global. En occupant la deuxième place régionale derrière le Tchad (108 milliards de fcfa) en termes d’investissement de détail, le Gabon confirme que ses titres publics (BTA et OTA) sont devenus des alternatives crédibles et sécurisées aux placements bancaires classiques pour les familles.
Toutefois, malgré cette percée nationale, l’investissement des particuliers reste un phénomène encore marginal à l’échelle de la zone CEMAC. Les individus ne détiennent que 3 % du marché total, soit environ 287,6 milliards de fcfa, loin derrière les banques qui règnent sans partage. En tant que Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), les établissements bancaires contrôlent 63,2 % des encours (5 973,6 milliards de fcfa), suivis par les investisseurs institutionnels comme les assurances et les caisses de retraite.
La vulgarisation de ces mécanismes financiers auprès du grand public semble porter ses fruits au Gabon, créant un nouveau levier de financement domestique pour l’État. Ce basculement vers l’investissement de détail permet non seulement de diversifier la base des créanciers, mais aussi de renforcer l’inclusion financière. Si la tendance se poursuit, les ménages pourraient devenir des acteurs de poids capables d’équilibrer l’influence des banques commerciales dans le financement des budgets publics.














