En mai 2010, le Gabon organise les États généraux de l’éducation, présentés à l’époque comme l’acte fondateur d’une refondation du système scolaire. Pendant plusieurs jours, enseignants, syndicats, cadres administratifs, experts nationaux et partenaires techniques dressent un diagnostic sans complaisance. Les chiffres mis sur la...
La mort de Martine Oulabou Mbadinga, en 1992, a rapidement été intégrée au récit officiel de la République. En 2007, l’État gabonais institue la Journée nationale de l’enseignant, censée honorer la mémoire de celle qui incarne le sacrifice ultime du corps enseignant. Chaque année, discours, décorations, hommages appuyés rappellent l’engagement de l’enseignante et la reconnaissance de la Nation. Mais derrière cette ritualisation, une question demeure intacte : qu’a réellement réparé l’État depuis plus de trente ans ?
Au tournant des années 1990, l’école gabonaise devient l’un des premiers espaces de contestation structurée du pays. Dans le sillage des mouvements sociaux qui accompagnent l’ouverture politique et le multipartisme, les enseignants dénoncent déjà salaires irréguliers, carrières bloquées, absence de statut clair, infrastructures dégradées....