L’ex-première dame du Gabon, Sylvie Valentin epse Bongo Ondimba, fait l’objet d’une instruction pénale ouverte à Genève. Le parquet cherche à établir l’origine de plusieurs millions d’euros transférés vers une banque suisse, quand l’intéressée assure que sa fortune provient de son activité d’entrepreneure.
L’étau judiciaire continue de se resserrer autour de Sylvia Bongo Ondimba. Trois ans après la chute de son mari, l’ex-première dame du Gabon, aujourd’hui installée à Londres, est visée par une instruction pénale ouverte par le canton de Genève. L’information, révélée début juillet par Gotham City, média suisse spécialisé dans la criminalité économique, a depuis été confirmée par le parquet genevois lui-même, qui reconnaît qu’une enquête pour blanchiment d’argent est en cours.
L’instruction a été ouverte en novembre 2023, quelques semaines après le renversement d’Ali Bongo. Les magistrats genevois cherchent à déterminer l’origine de plusieurs millions d’euros transférés vers un établissement bancaire de la place. Des fonds que les enquêteurs soupçonnent de provenir de détournements de fonds publics et de faits de corruption commis durant la présidence Bongo.
Fait notable relevé par Gotham City : sollicité par la justice suisse dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire visant à éclairer l’origine des fonds, le Gabon n’a jamais formellement répondu. Libreville a choisi une autre voie, en se constituant partie plaignante dans la procédure. Une démarche destinée à lui permettre de suivre, et potentiellement de peser sur le dossier. Ce statut a été contesté par les avocats de Sylvia Bongo, qui jugeaient l’État gabonais irrecevable à ce titre dans une procédure pénale suisse. Fin mai, la chambre pénale de recours de Genève a tranché en faveur de Libreville, confirmant son droit d’être représenté dans l’instruction.
De sources concordantes, l’entourage de Sylvia Bongo conteste la portée de la procédure genevoise. Selon ses proches, l’instruction vise uniquement, à ce stade, à déterminer l’origine de certains fonds, et aucune charge n’a été retenue contre elle. Ils y voient un dossier à connotation politique, conséquence directe du changement de régime à Libreville.
Quant à l’origine de sa fortune, Sylvia Bongo continue de soutenir qu’elle provient exclusivement de son activité d’entrepreneure, sans qu’aucun lien n’ait, selon elle, jamais été démontré avec les fonds publics gabonais. Une affirmation plus simple à formuler qu’à démontrer. Quoi qu’il en soit, l’affaire suit son cours à Genève, sans que l’on connaisse à ce jour le calendrier de la suite de la procédure.
Cette enquête suisse vient s’ajouter à un dossier déjà lourd pour l’ancienne première dame. En novembre 2025, la Cour criminelle de Libreville l’avait condamnée par contumace — aux côtés de son fils Noureddin Bongo Valentin — à vingt ans de réclusion criminelle pour détournements de fonds publics.














