Panthères du Gabon : le pari Migné, entre attentes légitimes et procès d’intention

Six mois  après le limogeage de Thierry Mouyouma, le Gabon a enfin un sélectionneur en la personne de Sébastien Migné. Une nomination qui, loin d’apaiser les inquiétudes, ravive les doutes d’un public lassé des paris incertains. À lui désormais de faire ses preuves.

‎Après six mois et demi sans sélectionneur, la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) a annoncé, ce mercredi 15 juillet, la nomination du Français Sébastien Migné au poste d’entraîneur des Panthères. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’annonce n’a pas suscité un franc enthousiasme auprès du public.

‎Entre soupçons d’incompétence et déficit de notoriété, celui qui était encore, il y a quelques jours, le sélectionneur d’Haïti à la Coupe du monde 2026, n’a pas vraiment convaincu le public gabonais, ni au-delà des frontières du pays. « Il a gagné quoi avec tous les pays dans lesquels il a travaillé ? », « On a quitté la chaise pour s’asseoir par terre ». Ce sont quelques-unes des réactions qui ont accompagné le communiqué de la Fegafoot. Jusqu’en France, le journaliste Romain Molina n’a pas manqué de décocher sa pique : « Aussitôt parti d’Haïti, Sébastien Migné signe au Gabon. Le technicien français sait se vendre, c’est peut-être là son plus gros talent. »

‎Dans ce concert de critiques, quelques voix appellent toutefois à juger le maçon au pied du mur. Car le nouvel entraîneur, s’il n’a pas le palmarès d’un Hervé Renard, peut au moins se prévaloir d’une  assez bonne connaissance du continent africain et de ses sélections. À 54 ans, l’ancien adjoint de Claude Le Roy — avec qui il a arpenté les bancs de la RD Congo et du Togo — a dirigé pas moins de quatre sélections africaines avant le Gabon : le Congo-Brazzaville, le Kenya, la Guinée équatoriale, ainsi qu’un passage dans le staff camerounais. 

‎Sa dernière expérience, à la tête d’Haïti, s’est  conclue sur un fait d’armes notable : il a conduit les Grenadiers jusqu’à la Coupe du monde 2026, une première pour le pays depuis 1974, avant de… s’incliner au premier tour.

‎Au nouveau venu de prendre désormais la mesure d’un chantier gabonais particulièrement lourd,  et de bénéficier, espérons-le, des coudées franches pour le mener à bien. Cela passera inéluctablement par un nettoyage des écuries d’Augias qui entourent la sélection nationale. Un préalable sans lequel, il faut le dire, l’essor ne saurait être au rendez-vous. 

La mission immédiate est connue : qualifier le Gabon pour la CAN 2027. Un objectif qui laissera peu de place à l’apprentissage pour Migné et son staff.

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