Budget sous tension pour les Travaux publics. Devant la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique de l’Assemblée nationale, le ministre Edgard Moukoumbi a défendu, en juin dernier, des crédits amputés de près de 10 milliards de francs cfa : 382,9 milliards désormais, contre 392,7 milliards initialement prévus. Une coupe justifiée au nom des équilibres macroéconomiques et de la préservation des investissements jugés prioritaires. Parmi les programmes touchés par cet arbitrage, la Mission 71 « Entretien du patrimoine routier de l’État », censée garantir la préservation et la réhabilitation du réseau routier national, n’échappe pas à la cure d’austérité budgétaire.
Sur le terrain, l’axe PK11-Hôpital régional de l’Estuaire offre une illustration concrète de la distance entre ces orientations budgétaires et leur traduction opérationnelle. La réhabilitation en cours y reprend une méthode déjà appliquée par le passé sur cette même voie : traiter des tronçons ciblés plutôt que l’ensemble du linéaire, une approche qui n’a jamais permis de tenir au-delà de deux mois avant que la dégradation ne reprenne.
Les députés ont d’ailleurs interpellé le ministre sur des points directement liés à cette problématique, notamment la dégradation de la route nationale 1 et l’état des travaux relatifs aux bassins versants, ces derniers jouant un rôle déterminant dans l’évacuation des eaux pluviales et donc dans la durabilité des chaussées urbaines. Le ministre a assuré que ces difficultés ne remettaient pas en cause « notre volonté d’améliorer durablement les infrastructures », tout en reconnaissant la nécessité de mieux articuler crédits mobilisés et réalisations concrètes.
Or c’est précisément cette articulation qui fait défaut sur l’axe PK11. Un budget d’entretien routier révisé à la baisse, conjugué à une méthode de réhabilitation partielle déjà identifiée comme inefficace, laisse peu de marge avant les fortes pluies attendues dès octobre. Le risque n’est pas seulement celui d’un chantier isolé qui échoue, mais celui d’un modèle reconduit à l’échelle nationale malgré des résultats déjà connus. À l’heure où le gouvernement affiche sa volonté de transparence entre crédits votés et travaux réalisés, l’axe PK11 constitue un test grandeur nature.














