Le célèbre « Entre Nous Bar » de Libreville a fait le pari de célébrer, chaque samedi, une province gabonaise à travers ses chants, ses danses et sa cuisine. Une initiative louable, qui rappelle en creux l’absence d’un calendrier culturel digne de ce nom en cette période de vacances.
À Libreville, un bar semble suppléer le ministère de la Culture. « Entre Nous Bar », tenu par Darlin Harper, au quartier Charbonnages, fait le pari de consacrer chaque samedi à une province gabonaise et à ses artistes. Une formule qui n’est pas sans rappeler le festival « Gabon 9 provinces », voire son ancêtre, la Fête des cultures.
Premier de la série, le samedi qui vient de s’achever était consacré au Haut-Ogooué. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’engouement était au rendez-vous. Entre rythmes du terroir et mets locaux, des vidéos circulent encore pour illustrer le faste de ce rendez-vous. Le prochain samedi sera consacré à la province de l’Ogooué-Ivindo. Et certains internautes, mi-blague mi-sérieux, de proposer de nommer Darling Harper comme directeur du Festival Gabon 9 provinces.

La boutade en dit long. Elle pointe le vide laissé par une tutelle quasi absente du terrain, alors même que les vacances scolaires s’installent. Certes, le baccalauréat, ultime examen de l’année scolaire, n’est pas encore clos. Mais cela n’empêche pas l’existence d’un calendrier culturel structuré en cette période charnière.
Il y a quelques années, du temps d’Alain-Claude Bilié-By-Nze comme ministre des Sports et de la Culture (2018-2019), cette période de vacances avait retrouvé un cachet particulier. Le festival Gabon 9 provinces avait été ressuscité, et constituait la tête d’affiche d’une programmation qui comptait aussi le Festival du film Quifilma, la Fête des cultures ou encore la Nuit des masques. Depuis, ces rendez-vous se sont effacés, laissant un vide que des initiatives privées, comme celle des Charbonnages, tentent de combler.
Pour une population gabonaise majoritairement jeune, ces initiatives ont pourtant une valeur qui dépasse le simple loisir : elles nourrissent le rayonnement culturel, entretiennent la fierté provinciale, tout en créant du lien social. Reste à savoir si Libreville – et les autres villes du pays – devront, cette année encore, se contenter de ces initiatives privées pour renouer avec leur culture.














