En pointant « l’endettement lourd hérité du régime déchu », le président a voulu replacer la dette au cœur du débat public. Mais l’examen des chiffres de 2025 montre que le problème dépasse la seule question de l’héritage : il s’agit désormais d’une contrainte structurelle. À fin octobre 2025, l’encours de la dette publique s’établissait à 8 606,6 milliards de fcfa , en hausse de 1 473,5 milliards de fcfa en un an, soit +20,7%.
Cette progression est principalement portée par la dette intérieure, qui représente désormais plus de 51% de l’encours total selon les dernières données de la direction générale de la dette. Cette dynamique traduit un recours intensif et massif aux instruments domestiques pour financer le budget.
A titre d’exemple, sur la seule année 2025, l’État a procédé à 2 416 milliards de fcfa de tirages, dont 1 783,7 milliards de fcfa sur le marché intérieur. Autrement dit, le Gabon rembourse massivement sa dette tout en contractant de nouveaux engagements pour couvrir ses besoins de trésorerie.
Ce mécanisme de « roulement permanent » fragilise la soutenabilité à moyen terme.
Le poids du service devient dès lors un facteur de rigidité budgétaire. En 2025, les paiements de dette ont absorbé une part significative des ressources publiques, réduisant l’espace disponible pour l’investissement productif et les politiques sociales.
La dette n’est donc plus seulement un indicateur macroéconomique : elle conditionne désormais l’ensemble des arbitrages publics. Sans croissance hors pétrole robuste, la promesse de désendettement risque de rester dépendante de facteurs exogènes. 2026 apparaît donc moins comme une année de rupture que comme un test de crédibilité pour le gouvernement Oligui Nguéma.
Thierry Minko, nouveau ministre de l’Économie, devra donc confirmer la capacité de l’État à enrayer une dynamique d’endettement devenue auto-entretenue comme en témoigne les 106 milliards de fcfa captés par Henri Claude Oyima quelques semaines avant son départ sur le marché régional. Avec des investissements publics annoncés à près de 2200 milliards de fcfa dont la quasi totalité seront financés sur emprunts, la rigueur annoncée sera scrutée.











