mercredi, juillet 24, 2024
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    Gabon/Affaire scorpion : les avocats de BLA dénoncent une “parodie de procès” et quittent la salle d’audience

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    La salle d’audience de la Cour criminelle spécialisée du Gabon a été le théâtre d’un événement dramatique ce 3 juin 2024, lorsque les avocats de Brice Laccruche Alihanga (BLA) ont quitté la salle en signe de protestation contre ce qu’ils ont qualifié de « parodie » de procès. Une action forte qui témoigne d’un malaise de plus en plus croissant au sein du système judiciaire gabonais. Dans un communiqué poignant, le collectif des avocats de BLA, dont fait partie Me Anges Kevin Nzigou, a formellement accusé la justice gabonaise de conduire une procédure manifestement “biaisée” contre leur client, malgré la déclaration publique du président de Transition affirmant son innocence.

    Selon le collectif, les droits de la défense ont été continuellement bafoués durant l’audience, rendant impossible un procès équitable. « Nous, collectif des avocats de M. Brice Laccruche Alihanga, tenons à informer l’opinion publique nationale et internationale des graves atteintes aux droits de la défense observées lors de l’audience de ce jour devant la Cour Criminelle Spécialisée, » ont déclaré les conseils de BLA dans leur communiqué.

    Un dossier chargé de controverses

    Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo  Ondimba, accusé de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent, se retrouve au centre d’un procès marqué par des controverses. Ses avocats rappellent que le président de la Transition “avait lui-même dénoncé ces poursuites comme étant motivées par des règlements de comptes politiques” et avait proclamé l’innocence de leur client. Espérant que les changements politiques apporteraient une justice plus équitable, les avocats ont décidé de participer aux audiences. Cependant, leur espoir a rapidement été douché.

    Un manque de parole pour la défense

    Il est reproché au tribunal de n’avoir pas permis à la défense de s’exprimer correctement ou de répliquer aux arguments de l’accusation. Malgré la présentation d’une exception d’irrecevabilité concernant la constitution de partie civile de l’État – arguant que les fonds en question provenaient d’un compte privé appartenant à une SARL – leurs arguments n’ont pas été pris en compte. Tout cela a culminé dans une décision sans précédent : quitter la salle d’audience.

    Un État de droit en péril

    La dégradation de l’état de santé de BLA, suite à des années d’incarcération jugées inhumaines, ajoute une dimension humanitaire à cette affaire complexe. Libéré provisoirement sous la nouvelle autorité de transition, son futur demeure incertain face à une procédure judiciaire que ses avocats qualifient d’injuste et biaisée.

    Appel à la Communauté internationale

    Les avocats appellent à la vigilance de la communauté internationale et des citoyens gabonais pour s’assurer que les principes de justice et d’équité soient respectés. « La restauration de l’État de droit ne peut se faire sans une justice véritablement indépendante et impartiale, » clament-ils dans leur communiqué.

    Cet épisode met en lumière les défis persistants qui pèsent sur la justice gabonaise, malgré les promesses de réforme politique des autorités de transition. L’action des avocats de Brice Laccruche Alihanga est un rappel poignant de l’importance d’une justice équitable et transparente dans la consolidation de l’État de droit. Sans une réponse appropriée à ces allégations de partialité, la crédibilité du système judiciaire gabonais pourrait demeurer irrémédiablement ternie.

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