Les mets raffinés ne seront plus épargnés par le fisc. Le Projet de Loi de Finances 2026 consacre une série de nouvelles taxes sur les produits alimentaires de prestige tels que le caviar, le foie gras et le saumon. Ces importations, évaluées à 8 milliards fcfa en 2025, seront désormais taxées respectivement à 40% et 30% ad valorem, selon leur catégorie.
Pour les autorités, cette mesure répond à une logique simple : “faire payer le luxe pour financer le social”. Le gouvernement estime que la taxation des produits non essentiels permettra de dégager environ 10 milliards fcfa de recettes nouvelles par an, sans affecter le panier de la ménagère. Dans un contexte où les marges budgétaires se resserrent, chaque point de fiscalité additionnelle compte pour maintenir les équilibres macroéconomiques.
Au-delà de l’effet financier, cette décision traduit une orientation plus structurelle : le recentrage de la fiscalité vers la consommation différenciée. En d’autres termes, les produits importés de luxe contribuent davantage, tandis que les biens de première nécessité restent protégés. Cette approche progressiste fait écho à la stratégie de “fiscalité équitable” prônée par le ministère du Budget.
Ce choix politique s’inscrit aussi dans la continuité des engagements pris avec le FMI sur la diversification des recettes. En ciblant des biens à forte valeur ajoutée importée, le gouvernement limite l’impact sur l’économie locale tout en augmentant ses revenus. Une manière pragmatique de concilier rigueur et équité dans la politique fiscale nationale.











