Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a récemment dénoncé les dérives constatées sur les chantiers publics initiés par le Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI). Ces projets, censés incarner le renouveau de l’État après les événements du 30 août 2023, ont laissé une dette cumulée de 429 milliards de fcfa dans les caisses de l’État. Mais comment expliquer qu’une initiative supposée renforcer l’efficacité publique se transforme en un fardeau financier majeur ?
Reconstruction et modernisation
Le CTRI avait pour mission de superviser des projets prioritaires dans les secteurs des infrastructures, de la santé, de l’éducation et de l’énergie. Ces programmes devaient symboliser la reconstruction et la modernisation de l’État. Pourtant, des irrégularités dans la passation des marchés, des surfacturations et des retards répétés ont rapidement compromis la réalisation effective de ces chantiers.
La dette de 429 milliards fcfa réduit la capacité de l’État à financer de nouveaux projets et limite la marge de manœuvre budgétaire pour 2026. Les investissements initiaux ont été en partie absorbés par des surcoûts et semble-t-il des malversations selon des sources proches du dossier, privant certaines régions de routes, d’infrastructures scolaires ou sanitaires pourtant planifiées, et ralentissant la relance économique.
Annonce d’un audit complet
Face à ces constats, le président Oligui a annoncé un audit complet, visant à examiner la régularité des procédures, l’utilisation des fonds et la qualité des travaux réalisés. Mais, les responsables seront-ils sanctionnés et les mécanismes de contrôle renforcés, ou la répétition des dérives continue-t-elle de menacer l’efficacité des futurs projets publics ? Sachant que la manne financière dédiée aux investissements devrait dépasser les 3300 milliards de FCFA en 2026.
À court terme, l’État doit tirer des leçons de ce passif de 429 milliards fcfa. Une application rigoureuse des audits et des sanctions exemplaires pourrait transformer cette dette en un modèle de gouvernance et de transparence, garantissant que chaque franc investi serve réellement l’intérêt général et restaure la confiance des citoyens dans l’action publique. Cependant, l’absence de données concernant la dernière task force sur la dette intérieure, interroge sur la capacité de l’État à aller au bout de ce type d’actions.








