Le Haut Conseil de l’Investissement (HCI) sort de sa léthargie avec une mission commando : purger l’administration des pratiques de concussion. Le Chef de l’État a explicitement dénoncé les réseaux qui exigent des « contreparties illicites » pour débloquer des dossiers d’investissements étrangers. Cette sortie médiatique, d’une rare virulence, prépare le terrain à une restructuration profonde du climat des affaires.
Le HCI ne se contentera plus d’organiser des forums prestigieux ; il devient un organe de traque opérationnelle. L’objectif est de rendre chaque secteur d’activité « lisible et compétitif » en éliminant les barrières tarifaires et non tarifaires artificielles. Pour les investisseurs, c’est le signal d’une fin d’impunité pour les agents publics qui s’érigent en péages sur la route de la croissance.
La redynamisation du HCI intervient alors que le Gabon lance son Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030. Sans un assainissement éthique, les 156 milliards de fcfa prévus pour les provinces pourraient s’évaporer dans les circuits de la corruption. Le Conseil des ministres a donc lié la performance économique à l’intégrité absolue des gestionnaires publics.
L’innovation réside dans l’approche « offensive » demandée au Gouvernement. Il ne s’agit plus d’attendre l’investisseur, mais de sécuriser son parcours par des garanties juridiques et une surveillance accrue des procédures de passation de marchés. Le HCI devra produire des rapports trimestriels sur les obstacles levés, sous peine de sanctions pour ses propres membres.
Cette stratégie de « tolérance zéro » est un pari sur la crédibilité internationale. En faisant de la lutte contre la corruption un levier de compétitivité, Libreville espère attirer des capitaux de long terme, loin des investissements opportunistes. La réussite de ce grand ménage sera ainsi le véritable thermomètre de l’attractivité gabonaise.














