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Gabon : la Cité Émeraude, ce ghetto de luxe qui va paralyser Libreville dès juillet

C’est le nouveau totem de l’administration gabonaise. La Cité Émeraude et ses 14 immeubles rutilants sur le boulevard Bessieux doivent accueillir 6 300 fonctionnaires. L’État annonce une économie de 25 milliards de fcfa sur les loyers. C’est la victoire de la centralisation, le triomphe de la rationalisation budgétaire. Le gouvernement promet aux Gabonais une administration moderne, efficace, réunie en un seul lieu pour faciliter les démarches.

Mais ce qui fait trembler les urbanistes est mathématique : 6 300 personnes, ce sont au moins 4 000 voitures de plus chaque matin sur une seule route qui est déjà un entonnoir permanent. L’Etat a construit un pôle géant sans ajouter un mètre de bitume aux accès. Le résultat ? Dès juillet, le boulevard Bessieux sera une zone morte de 7h à 19h. L’Etat a créé un ghetto administratif de luxe qui va asphyxier le cœur de la ville par pure négligence logistique.

Le temps perdu par les agents dans les bouchons et la consommation de carburant supplémentaire vont annuler les économies de loyer.

C’est là qu’apparaît le coût caché de la non-planification. Le temps perdu par les agents dans les bouchons et la consommation de carburant supplémentaire vont annuler les économies de loyer. C’est une opération de prestige qui ne tient pas compte de la « vie réelle » de la cité. L’Etat a pensé aux bureaux, il a oublié les routes. C’est l’urbanisme de l’image contre l’urbanisme du flux.

Pourquoi cet empressement ? Parce que le bâtiment est le seul succès que l’on peut inaugurer en grandes pompes ? Un ruban coupé devant une tour en verre, serait-il mieux qu’un rapport sur la fluidité urbaine ? Serait-ce la politique du « fait accompli » ? L’état gabonais construit d’abord, il gérera le chaos après. Il espère que la technologie ou des « mesures de régulation » feront des miracles, alors que la physique de base dit que ça ne passera pas.

L’Etat a construit un joyau dans un étau, prouvant une fois de plus que le « Modernisme Gabonais » s’arrête là où commencent les pneus sur le goudron.

À terme, la Cité Émeraude sera le symbole de l’arrogance urbanistique. Un lieu magnifique où personne ne peut arriver à l’heure, et d’où personne ne peut repartir avant la nuit. L’Etat a construit un joyau dans un étau, prouvant une fois de plus que le « Modernisme Gabonais » s’arrête là où commencent les pneus sur le goudron. Les habitants d’Akanda travaillant à Libreville connaissent la douleur du traffic du matin et les réveils à 4h du matin.

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