La résiliation du contrat liant l’État à la société INTERSHIPPING SERVICES LLC pour la gestion du registre international des navires est un séisme dans le secteur des transports. Cette rupture brutale pour « manquements constatés » met fin à une externalisation stratégique qui durait depuis plusieurs années. Le Gabon décide de reprendre en main la gestion de son pavillon maritime, un actif souverain hautement lucratif.
Le registre maritime est bien plus qu’une liste de bateaux ; c’est une source de devises et un levier d’influence internationale. Les défaillances de l’opérateur privé mettaient en péril la réputation du pays sur la scène maritime mondiale. En internalisant cette gestion, le gouvernement vise une transparence totale sur les recettes générées et une meilleure surveillance des navires battant pavillon gabonais.
Cette décision s’inscrit dans la doctrine de l’An 2 de la Ve République : la « reconquête de la souveraineté économique« . Pour le Gabon, il est inacceptable que des secteurs de souveraineté échappent au contrôle direct de l’administration. La reprise en main du registre permet également d’aligner le pavillon national sur les normes de sécurité et d’environnement les plus strictes.
L’impact financier est immédiat : l’intégralité des redevances d’immatriculation tombera désormais directement dans les caisses du Trésor Public ou d’une agence dédiée. Cela nécessite toutefois une expertise technique pointue au sein du ministère des Transports. Le défi est de réussir cette transition sans perturber le service aux armateurs internationaux qui ont choisi le pavillon gabonais.
Ce dossier Intershipping n’est que la partie émergée de l’iceberg du nettoyage des concessions parapubliques. Le message envoyé au secteur privé est que les contrats de l’État ne sont plus des chèques en blanc. La performance et le respect scrupuleux des clauses contractuelles deviennent les seules garanties de survie pour les partenaires de la République.














