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Gabon : une thérapie de choc à 775 milliards de fcfa pour doper la filière avicole

Le Gabon vient de déclencher un véritable « Big Bang » agro-industriel. En paraphant cinq conventions d’investissement d’un montant record de 775 milliards de fcfa (environ 1,27 milliard de dollars), Libreville ne se contente plus de soutenir sa production locale, elle force l’émergence d’une souveraineté alimentaire. Ce déploiement massif de capitaux, orchestré par les ministres Thierry Minko et Pacôme Kossy, vise un objectif sans équivoque : saturer le marché domestique avant le 1er janvier 2027, date butoir à laquelle les autorités interdiront formellement toute importation de poulet de chair sur le territoire national.

Une alliance de capitaux

Cette offensive financière repose sur une architecture de flux internationaux savamment diversifiée, marquant une rupture avec les schémas de financement traditionnels. Le géant turc Hakan Kiran Holding et les consortiums chinois (Hong Kong Grove Metal, Qingdao Intelligent Poultry et l’Association Agricole Chinoise) apportent l’essentiel de la puissance de feu, tandis que le groupe camerounais NJS AVI Gabon assure l’ancrage régional. Cette alliance de capitaux « Istanbul-Pékin-Douala » illustre une volonté de Libreville de capter les meilleures expertises mondiales en matière de fermes intégrées et de transferts technologiques pour transformer son modèle agricole.

Sur le terrain, ces investissements seront déployés pour briser les goulots d’étranglement historiques de la filière.

Plus de 125 000 tonnes de capacité annuelle

Sur le terrain, ces investissements seront déployés pour briser les goulots d’étranglement historiques de la filière. Plus de 125 000 tonnes de capacité annuelle sont prévues à travers des hubs stratégiques comme Ntoum et Oyem. Contrairement aux tentatives passées, l’accent est mis sur l’intégration verticale : la construction de parcs agro-industriels et de provenderies d’envergure avec notamment une unité de 24 000 tonnes portée par NJS, doit permettre de maîtriser l’aliment de bétail, poste qui représente souvent 70% du coût de production. Sans cette autonomie sur les intrants, la souveraineté resterait une illusion comptable.

Un protectionnisme assumé et sécurisé

Pour le secteur bancaire et les investisseurs de la zone CEMAC, le signal envoyé est celui d’un protectionnisme assumé et sécurisé par l’État. En garantissant l’exclusivité du marché intérieur aux producteurs locaux d’ici deux ans, le gouvernement crée un environnement de rentabilité quasi-garantie pour les signataires de ces conventions. Ce dirigisme économique vise à assainir drastiquement la balance commerciale gabonaise, l’alimentation étant l’un des principaux centres de fuite de devises du pays, tout en créant une valeur ajoutée locale immédiate.

Un défi majeur

Toutefois, cette thérapie de choc soulève un défi majeur pour le régulateur : celui de l’inflation. Si l’interdiction des importations précède la pleine capacité des infrastructures, ou si le coût de production local reste supérieur aux cours mondiaux, le consommateur pourrait subir le prix de cette souveraineté. Le succès de ce pari à 775 milliards de fcfa dépendra donc de la capacité du Gabon à transformer ces investissements en gains de productivité réels, afin que le « poulet souverain » soit non seulement disponible, mais surtout compétitif face au pouvoir d’achat des ménages.

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