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Pétrole : à Paris, le Gabon sort le grand jeu pour ne pas finir à sec

À l’approche du forum « Invest in African Energy » à Paris, Libreville déploie le tapis rouge pour les majors pétrolières internationales. L’objectif du ministre Clotaire Kondja est clair : vendre les licences offshore couvrant 70 % du domaine maritime encore inexploré. Le retour stratégique de géants comme ExxonMobil et BP, concrétisé par des protocoles d’accord fin 2025, est utilisé comme un puissant levier marketing pour rassurer les marchés sur l’attractivité retrouvée du bassin sédimentaire gabonais.

Mais, cette offensive diplomatique cache une urgence structurelle : le déclin naturel des champs matures terrestres impose de trouver de nouvelles réserves en eaux ultra-profondes. Ces projets, bien que techniquement complexes et coûteux, représentent l’unique espoir de maintenir le Gabon dans le club des producteurs africains de premier rang. L’année 2026 s’annonce ainsi comme celle des records opérationnels, avec des campagnes de forages intensives lancées par Panoro Energy et VAALCO.

L’attractivité du pays est renforcée par un prix du baril stabilisé au-dessus des 90 dollars, offrant une marge de sécurité confortable pour l’exploration à haut risque. Le Gabon mise également sur ses infrastructures existantes, telles que les pipelines et les unités FPSO, pour réduire les coûts d’entrée des nouveaux investisseurs. En facilitant l’accès aux données sismiques de pointe, le gouvernement espère transformer l’intérêt de Paris en signatures de contrats fermes dès la fin de l’année.

La compétition régionale est toutefois féroce, avec des voisins comme la Namibie qui captent une part croissante des investissements directs étrangers (IDE) dans le secteur. Le Gabon doit prouver que son nouveau Code pétrolier offre une flexibilité fiscale supérieure pour compenser les risques géologiques. Le forum de Paris sera le juge de paix de cette stratégie de relance, où chaque bloc offshore devra trouver preneur pour éviter un tarissement des réserves à l’horizon 2030.

Pour séduire les majors à Paris, le ministère aurait préparé des « packages » de données géophysiques 3D pré-acquis par l’État, offerts aux nouveaux entrants. Cette incitation vise à réduire les délais d’exploration initiaux de 18 mois, une offre quasi unique dans la sous-région.

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