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Satram-EGCA : 60 mois d’impayés et 25 milliards de dette, le naufrage humain d’un géant au Gabon 

Le bilan comptable du groupe SATRAM-EGCA est un vertige financier aux conséquences sociales dévastatrices. Les chiffres officiels sont accablants : plus de « 25 milliards de dettes sociales envers la CNSS et la CNAMGS » et « 15 milliards de dettes salariales ». Pour certains, le compteur affiche 60 mois d’arriérés. Pourtant, le calcul est sanglant : ces 15 milliards de dettes ne représentent même pas quatre mois du chiffre d’affaires mensuel que le groupe réalisait lors de ses années fastes, prouvant un siphonnage méthodique des ressources au détriment de l’humain.

Selon les documents consultés par notre rédaction (notamment le courrier CNSS : Dernière mise en demeure), l’entreprise n’a pas reversé les cotisations prélevées sur les bulletins. Cette spoliation systémique prive les agents de toute couverture maladie et de droits à la retraite, les laissant sans filet de sécurité au moment où ils en ont le plus besoin. C’est une faillite morale qui double le désastre financier, mettant en péril la survie même des foyers qui ont construit la richesse passée de l’empire.

L’opacité fiscale vient aggraver ce tableau déjà sombre. Le questionnaire (Question n°6) interrogeait déjà sur la « situation fiscale actuelle », une inquiétude confirmée par un « Avis de vérification inopinée » des impôts reçu par le groupe le 23 juillet 2025. Le fisc cherche désormais à comprendre comment de telles sommes ont pu s’évaporer alors que l’entreprise prétend être à l’agonie. À son prime, le parc matériel (engins, camions, barges) était évalué à plus de 30 milliards de fcfa, un trésor aujourd’hui dilapidé.

Le naufrage s’étend aux créanciers majeurs tels que « BGFI, BICIG, ECOBANK, FINATRA et UGB » qui restent impayés. La dette est partout, mais l’argent semble nulle part, malgré un actif réalisable jadis florissant. Cette insolvabilité généralisée pose la question de la sincérité d’un plan de redressement qui n’aura été, au final, qu’un mirage administratif pour gagner du temps. Le gouffre entre le passif exigible de 42,5 milliards et les réalités du terrain indique une déroute totale de la gouvernance.

Au cœur de ce naufrage, les dirigeants Tarik Jahkouk et Nzue Ollivier Constant sont sommés de s’expliquer devant l’opinion. Comment peut-on « affirmer qu’il n’y a pas cessation de paiement alors que les salaires ne sont pas versés régulièrement ? ». Pour notre rédaction qui suit de près ce dossier, Satram n’est plus une affaire de gestion, mais une étude de cas sur la manière dont une élite dirigeante peut survivre sur les décombres d’une masse salariale sacrifiée.

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