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Gabon : Henri-Claude Oyima chahuté par son actionnariat historique lors d’une AG sous haute tension

C’est une séquence inédite qui s’est jouée ce 15 mai 2026 dans les salons feutrés du Radisson Blu de Libreville. Alors que le président-directeur général du groupe BGFIBank, Henri-Claude Oyima, s’apprêtait à célébrer un bilan triomphal, la machine managériale s’est grippée. En coulisses, le puissant patron de la première banque d’Afrique centrale a dû faire face à la fronde directe et coordonnée de ses partenaires de longue date, bousculant le consensus de façade habituellement de mise lors des grands rendez-vous du groupe.

Pour désamorcer les critiques, le top management a dégaîné une batterie de indicateurs records. Le groupe BGFI Holding Corporation affiche une puissance bilancielle insolente avec un total bilan de 7 390 milliards de fcfa, en hausse spectaculaire de 24 %. Porté par un Produit Net Bancaire (PNB) de 414 milliards de fcfa (+26 %), le bénéfice net consolidé s’établit à 133 milliards de fcfa (+9 %). Des résultats exceptionnels portés à 50 % par la seule locomotive gabonaise, mais qui n’ont pas suffi à apaiser la colère d’un bloc d’actionnaires minoritaires excédés par la méthode Oyima.

La contestation, loin d’être marginale, a été portée par le poids lourd de l’économie gabonaise, Christian Kerangal, à la tête du groupe Sogafric Holding. Fait rare dans l’histoire de l’institution, ce dernier a rallié à sa cause une frange d’actionnaires traditionnels pour constituer un bloc d’opposition représentant 32,38 % des parts du capital. Ce tiers critique s’est frontalement opposé aux dernières orientations stratégiques, reprochant au PDG une gouvernance de plus en plus centralisée et un calendrier d’ouverture du capital mené au pas de charge, sans réelle concertation avec les bâtisseurs historiques de la banque.

Au cœur de ce face-à-face tendu se trouve l’introduction en bourse du groupe à la BVMAC, effective depuis la première cotation du 7 mai 2026. Si Henri-Claude Oyima s’est félicité d’une capitalisation boursière immédiate de 1 200 milliards de fcfa, valorisant nettement la situation nette comptable de 761 milliards de fcfa, le clan Kerangal y voit un miroir aux alouettes. Pour les frondeurs, cette exposition boursière dilue l’influence de l’actionnariat privé national et soumet le fleuron bancaire aux exigences de transparence et de volatilité de court terme des marchés institutionnels.

Les débats ont atteint leur paroxysme lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire. Henri-Claude Oyima a fait valider une augmentation de capital de 10,06 milliards de fcfa via l’émission de 1 006 975 actions nouvelles destinées à alimenter le marché. Une manœuvre perçue par le bloc des 32,38 % comme une tentative délibérée de réduire leur minorité de blocage. Même l’annonce d’un dividende global de 36,821 milliards de fcfa (soit 2 500 fcfa brut par action) n’a pas suffi à calmer le jeu, laissant apparaître une fracture de confiance majeure que le patriarche de la finance africaine devra impérativement colmater pour maintenir sa légitimité.

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