Gabon : la dette publique aurait déjà atteint 81,1 % du PIB en 2025, selon Fitch

La dette publique gabonaise aurait franchi un nouveau seuil en 2025. Dans son analyse du budget rectificatif 2026 publiée le 10 août, Fitch Ratings estime son niveau à 81,1 % du PIB à fin 2025. Cette estimation place le poids des engagements publics à un niveau particulièrement élevé et intervient alors que le gouvernement vient de boucler un audit destiné précisément à déterminer l’ampleur réelle de ses obligations financières.

Le chiffre de Fitch doit toutefois être compris au-delà de la seule dette financière enregistrée dans les statistiques traditionnelles. L’agence incorpore dans son estimation un stock d’arriérés équivalant à 13 % du PIB à fin 2025. Il s’agit donc d’obligations déjà contractées mais qui n’ont pas nécessairement été réglées à échéance. Fitch précise que la majeure partie de ces arriérés correspond aux sommes dues aux fournisseurs nationaux de biens et services de l’État, hors crédits.

Cette situation rend particulièrement importante la clarification du passif public. Le ministère des Finances a engagé un audit de la dette dont l’achèvement était prévu en juillet. Ses conclusions pourraient conduire à une révision du stock d’arriérés retenu par Fitch et, par conséquent, du niveau réel de la dette publique. L’enjeu consiste notamment à distinguer les créances effectivement dues par l’État de celles qui pourraient être contestées ou écartées après vérification.

La question dépasse cependant le seul exercice comptable. Fitch considère les conclusions de cet audit comme déterminantes pour les négociations avec le FMI. Avant toute analyse de soutenabilité, les différentes parties doivent disposer d’un point de départ suffisamment fiable concernant l’encours de dette et les arriérés. Ce travail conditionnera donc en partie les hypothèses sur lesquelles pourrait être bâti un éventuel programme financier entre Libreville et l’institution de Washington.

À cette incertitude sur le stock s’ajoute celle du financement des échéances. Fitch souligne des besoins importants, notamment sur le marché intérieur, où les amortissements représenteraient 11,6 % du PIB en 2026. L’agence maintient parallèlement les notes souveraines du Gabon à « CC » en monnaie locale et « CCC- » en devises étrangères. L’audit permettra ainsi de répondre à une question devenue centrale pour la trajectoire budgétaire : non seulement combien le Gabon doit réellement, mais surtout quelle part de cette dette il peut financer et refinancer dans les prochaines années.

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