Pendant que la rigueur budgétaire frappe une large partie du texte, un sanctuaire social résiste. Le nouvel article 86 du PLFR 2026 exempte explicitement plusieurs catégories de dépenses de la mise en réserve obligatoire, ce mécanisme qui gèle une partie des crédits en cas de dégradation des hypothèses macroéconomiques.
Sont concernées les aides en espèces fournies aux Gabonais économiquement faibles, les biens et services fournis directement à cette même population, ainsi que les prestations ciblées sur les ménages à faible revenu, les personnes âgées, les handicapés, les personnes malades, les chômeurs et les jeunes.
L’exemption s’étend également à l’assurance et l’assistance sociales, ainsi qu’aux dépenses publiques pour la santé, l’éducation et la formation professionnelle. Un périmètre large qui confirme la volonté de sanctuariser le filet social pendant que d’autres postes budgétaires encaissent des coupes sensibles, à l’image de l’investissement public qui chute de 968 milliards de fcfa.
Cette réserve obligatoire, fixée à 189,5 milliards de fcfa pour 2026, pèse différemment selon les titres de dépenses : 15% sur les biens et services, 10% sur les dépenses de transfert, 12% sur l’investissement, mais 0% sur les charges de la dette et les dépenses de personnel. Un ordre de priorité qui place, dans les faits, le remboursement des créanciers et les salaires des agents publics au même rang d’intouchabilité que les prestations sociales aux plus vulnérables.
Pour les bénéficiaires de ces prestations sociales, cette exemption constitue une garantie de continuité, sur le papier. Reste la question de l’exécution effective : une exemption de mise en réserve ne garantit pas, à elle seule, que les crédits initialement votés seront intégralement décaissés jusqu’au dernier trimestre de l’exercice budgétaire.














