Zenaba Gninga Chaning reste membre du gouvernement après le remaniement du 11 octobre 2026, mais ses attributions sont désormais concentrées sur les PME-PMI et l’Entrepreneuriat. Le Commerce, qu’elle dirigeait depuis janvier, est transféré à Emmanuel Eyeghe Nze, désormais responsable du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation. La nouvelle organisation distingue l’accompagnement des entreprises de la politique commerciale et industrielle. Cette séparation intervient alors que la Banque mondiale relève d’importantes contraintes pesant sur le secteur privé gabonais. Selon son enquête auprès des entreprises, 50 % des établissements interrogés en 2025 considéraient les taux d’imposition comme une contrainte majeure, contre 33 % en moyenne en Afrique subsaharienne.
Dans le gouvernement du 1er janvier 2026, Zenaba Gninga Chaning cumulait le Commerce, les PME-PMI et l’Entrepreneuriat des jeunes. Son nouveau portefeuille conserve les compétences relatives aux petites et moyennes entreprises, mais ne comporte plus le Commerce. Elle demeure ainsi chargée d’un département consacré au développement de l’entrepreneuriat et du tissu productif national. Les entreprises évoluent parallèlement dans un environnement fiscal en réorganisation. Le projet de loi de finances 2027 prévoit un encadrement des avantages conventionnels et l’instauration de minima d’imposition. La Banque mondiale relevait également que les recettes fiscales non pétrolières avaient représenté en moyenne 10,5 % du PIB entre 2014 et 2024.
Cette spécialisation intervient alors que le gouvernement cherche à mobiliser davantage de capitaux privés pour financer le Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Sur les 27 000 milliards fcfa nécessaires, 17 000 milliards doivent provenir du secteur privé et de mécanismes de financement innovants, soit près de 63 % de l’enveloppe totale. Cette contribution représente une mobilisation moyenne de 3 400 milliards fcfa par an sur cinq ans. Lors du comité technique du 23 septembre, le gouvernement a identifié l’insuffisance de projets suffisamment préparés pour attirer les financements parmi les difficultés rencontrées. Il a notamment examiné le renforcement du Fonds d’études sectorielles et la création d’un guichet unique des projets.
La réorganisation ministérielle intervient également dans un secteur agricole où le gouvernement cherche à renforcer la structuration des coopératives. Le 8 octobre, Zenaba Gninga Chaning avait présenté un guide de construction des modèles économiques des coopératives d’élevage de poulets de chair. Ce document accompagne la politique d’interdiction des importations de poulets et vise à améliorer la viabilité financière des producteurs locaux. Il couvre la mutualisation des achats d’intrants, les exigences sanitaires, la commercialisation, la gouvernance et l’accès aux financements. La politique agricole demeure pour sa part confiée à Pacôme Kossy, reconduit au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage.
Dans cette nouvelle configuration, Zenaba Gninga Chaning conserve la responsabilité des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat, tandis qu’Emmanuel Eyeghe Nze prend en charge les décisions relevant du Commerce et de l’Industrie. La séparation des deux départements redéfinit les responsabilités gouvernementales au moment où le secteur privé est appelé à fournir la majorité des financements du PNCD. Le programme prévoit également d’examiner de nouveaux instruments de mobilisation de l’épargne et des capitaux, notamment un fonds d’investissement collectif, des obligations destinées à la diaspora et un guichet unique consacré à celle-ci. Ces dispositifs figurent parmi les pistes étudiées avec la Caisse des dépôts et consignations.






