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Gabon : Libreville et Port-Gentil pèsent 86 % du budget cumulé des capitales provinciales

Le budget primitif 2026 des capitales provinciales gabonaises révèle une fracture territoriale béante. À elles seules, Libreville (30,77 milliards de fcfa) et Port-Gentil (23,99 milliards de fcfa) concentrent 54,76 milliards de fcfa, soit plus de 86 % de l’enveloppe globale allouée aux neuf chefs-lieux. Cette hyper-concentration financière s’aligne sur la structure de la Loi de finances 2026 (Loi n°041/2025), qui prévoit une hausse massive des recettes fiscales liées à l’activité économique urbaine, notamment via la réforme de la contribution foncière unique et des patentes.

Cette domination reflète la répartition des richesses nationales. Alors que le budget général de l’État pour 2026 mise sur une mobilisation des recettes non pétrolières à hauteur de 1 075,9 milliards de fcfa, l’essentiel de cette manne est capté par les deux poumons économiques du pays. Libreville bénéficie de sa densité administrative, tandis que Port-Gentil profite de la dynamique du secteur extractif. Ce déséquilibre pose la question de l’équité territoriale : avec seulement 14 % du budget restant à partager entre sept villes, le développement local hors de l’axe Estuaire/Ogooué-Maritime semble condamné à la portion congrue.

L’analyse des charges de personnel au niveau national, qui s’élèvent à 959,7 milliards de fcfa dans la Loi de finances, suggère que pour les petites capitales comme Makokou ou Koulamoutou, l’essentiel du budget municipal est absorbé par le fonctionnement. Avec moins de 800 millions de fcfa par an, ces municipalités disposent d’une marge de manœuvre quasi nulle pour l’investissement, contrairement à Libreville qui peut s’appuyer sur des recettes de services et des taxes municipales plus diversifiées.

Le contraste est frappant : le budget de la capitale est 41 fois supérieur à celui de Makokou. Cette situation souligne l’urgence d’une péréquation budgétaire réelle. Si la Loi de finances 2026 affiche des ambitions de transformation structurelle, les chiffres municipaux montrent que la décentralisation reste largement à financer, le « Grand Libreville » et la cité pétrolière demeurant les seuls véritables pôles de puissance financière du pays.

Ce monopole budgétaire pourrait s’accentuer avec les nouvelles dispositions fiscales. La Loi de finances 2026 prévoit une optimisation de la collecte de la TVA, attendue à hauteur de 486,1 milliards de fcfa. Étant donné que la consommation et les échanges sont concentrés dans ces deux métropoles, le retour sur investissement infrastructurel risque de suivre la même courbe, laissant l’intérieur du pays dans une forme d’asphyxie budgétaire chronique.

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