1 049 dollars la tonne. C’est le cours mondial de l’huile de palme au premier trimestre 2026, en hausse de 4,8% sur le trimestre selon la BEAC. Un niveau soutenu dans un contexte de demande alimentaire mondiale ferme et d’une offre indonésienne sous pression climatique. Le Gabon devrait en profiter. Il n’en profite pas. Et Olam Group, présent dans la filière palmier via ses actifs agro-industriels gabonais, paye le prix de cette incapacité structurelle à capturer des opportunités de marché réelles.
Chute de la récolte des régimes de palme de 26,4%
La note de conjoncture de la DGEPF est cinglante : au quatrième trimestre 2025, la récolte des régimes de palme a chuté de 26,4%. Trois facteurs se cumulent sans s’annuler. D’abord, la fermeture du site de Pangani à Mandji. Ensuite, la chute du rendement des plantations vieillissantes, un problème documenté depuis plusieurs années et dont personne n’a pris sérieusement la mesure. Enfin, les intrusions permanentes des éléphants, qui ravagent les parcelles de production trimestre après trimestre. Ce dernier point peut sembler anecdotique dans un rapport économique. Il ne l’est pas.
Les dégâts causés par les pachydermes représentent une perte économique réelle, récurrente, et que personne ne semble capable d’enrayer. Sur l’ensemble de 2025, la production d’huile de palme n’a progressé que de 1,1%, un résultat qui contraste douloureusement avec la hausse des cours mondiaux sur la même période. Les prix de l’huile de palme exportés par les pays de la CEMAC ont progressé de 15,8% au premier trimestre 2026 selon la BEAC. La valeur monte sur le marché mondial.
Du renouvellement des vergers
La production stagne au Gabon. L’écart entre les deux n’est pas une statistique abstraite, c’est de l’argent qui ne rentre pas. Le problème structurel est celui du renouvellement des vergers. Les plantations gabonaises vieillissent et leur rendement décline mécaniquement. Replanter prend du temps, entre sept et dix ans pour qu’un palmier atteigne sa pleine maturité productive. Chaque année de retard dans les programmes de replantation repousse d’autant le retour à des niveaux de production compétitifs. Olam Group le sait. La question est de savoir si le groupe singapourien va accélérer ces programmes en 2026 dans un contexte de prix favorable ou continuer à gérer l’existant jusqu’à épuisement.
Sans réponse structurelle sur la replantation, la sécurisation des plantations et la gestion de la faune, Olam continuera de regarder les cours mondiaux monter sans en capturer la valeur. Dans un cycle haussier, c’est une double frustration : pour l’entreprise, pour l’économie gabonaise, et pour les investisseurs qui regardent le cours de l’huile de palme grimper sur Bloomberg pendant que Pangani reste fermé.














