Les investissements s’accumulent à Bélinga, mais le démarrage de l’exploitation industrielle du fer reste à concrétiser. Selon les informations rapportées le 13 octobre 2026 par The Australian, Fortescue et son partenaire ont mobilisé environ 510 millions de dollars pour le projet, soit près de 300 milliards fcfa, dont 108 millions de dollars supplémentaires en 2026. Malgré l’importance de ces engagements financiers, le groupe australien poursuit ses travaux préparatoires sans avoir encore annoncé de décision finale d’investissement pour développer la mine à grande échelle.
Depuis son arrivée sur le projet en 2022, Fortescue multiplie les opérations de reconnaissance minière afin d’évaluer les ressources exploitables. Une première cargaison expérimentale de 11 000 tonnes de minerai avait été exportée en 2023. Depuis, les campagnes de forage se sont intensifiées, avec plus de 230 000 mètres déjà réalisés selon les informations publiées en octobre. Le groupe prévoit désormais 375 000 mètres supplémentaires pour approfondir sa connaissance des gisements de Bélinga, Batouala et Boka Boka.
Le principal défi se situe désormais au-delà de la mine. L’exploitation industrielle de Bélinga nécessite la construction d’une ligne ferroviaire permettant d’acheminer le minerai, d’un port en eau profonde pour les exportations et d’un barrage destiné à alimenter les installations. Lors de sa rencontre avec Andrew Forrest le 29 septembre, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé une progression coordonnée de ces quatre composantes. Leur réalisation déterminera la capacité du projet à produire et à exporter du minerai de fer à grande échelle.
Les dépenses déjà engagées ont néanmoins permis de développer une activité économique autour du site. Fortescue revendique plus de 1 250 emplois créés et des achats auprès d’entreprises gabonaises représentant 270 millions de dollars sur cinq ans. Le lancement de la construction de son futur pôle opérationnel à Makokou constitue également un investissement dans son implantation locale. Ces réalisations concernent principalement la préparation du projet et les moyens nécessaires à son développement futur.
Pour les autorités gabonaises, la prochaine échéance décisive reste la validation du programme industriel. Fortescue prévoit de présenter un plan de développement et des évaluations environnementales d’ici fin 2026, selon The Australian. Cette étape devra permettre de préciser les conditions techniques et économiques d’exploitation du gisement. Après plusieurs années de forages et plusieurs centaines de milliards de fcfa mobilisés, l’enjeu pour Bélinga consiste désormais à transformer ces engagements en infrastructures de production, en exportations régulières et en recettes minières pour le Gabon.













