Le tramway de Libreville, l’un des projets de transport les plus ambitieux inscrits au Plan national de développement pour la Transition (PNDT) 2024-2026, ne figure plus parmi les infrastructures ferroviaires identifiées dans le nouveau Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Pourtant, l’ancien programme gouvernemental prévoyait une enveloppe de 180 milliards fcfa pour sa construction dans le Grand Libreville. À cette somme s’ajoutaient plusieurs opérations préparatoires destinées à permettre la réalisation de cette infrastructure de transport urbain. Le passage d’un plan à l’autre fait ainsi apparaître un changement dans la programmation des grands investissements de mobilité.
La programmation financière du PNDT était particulièrement détaillée. Outre les 180 milliards fcfa consacrés à la construction proprement dite, le document prévoyait 15 milliards pour la libération des emprises foncières et 6 milliards pour leur confortement. Une enveloppe supplémentaire de 3 milliards était inscrite pour les études de faisabilité du périphérique du Cap, d’Owendo et du PK27, intégrant notamment le tramway et une bretelle vers le nouvel aéroport d’Andem. Au total, ces quatre opérations représentaient 204 milliards fcfa de dépenses programmées, dont 180 milliards pour le chantier ferroviaire. Le financement extérieur de cette dernière composante figurait parmi les ressources à rechercher.
Le nouveau PNCD 2026-2030 redéfinit les investissements ferroviaires autour du transport national et de la logistique minière. Ses pages consacrées aux infrastructures de transport privilégient la modernisation du Transgabonais, long de plus de 648 kilomètres, ainsi que la construction de nouvelles liaisons destinées à relier les gisements aux futurs pôles industriels et portuaires. Trois projets sont identifiés : Milingui-Mayumba sur 76 kilomètres, Bélinga-Booué sur 230 kilomètres et Booué-Mayumba sur 600 kilomètres. Ensemble, ces infrastructures représentent 906 kilomètres de voies ferroviaires envisagées, essentiellement destinées à accompagner le développement de l’industrie extractive.
Ce changement de programmation renvoie à deux modèles économiques différents. Le tramway de Libreville répondait à une problématique de mobilité urbaine, en proposant une infrastructure ferroviaire pour le transport des voyageurs dans une agglomération confrontée aux difficultés de circulation. Les nouvelles lignes mises en avant dans le PNCD répondent principalement aux besoins d’acheminement des minerais, d’approvisionnement des usines et de connexion avec les ports. En parallèle, le plan fixe un objectif d’augmentation de 30 % du linéaire ferroviaire national d’ici 2030 et prévoit d’améliorer la capacité d’exploitation du Transgabonais, actuellement limitée à dix sillons contre seize à sa capacité nominale.
La disparition du tramway des projets ferroviaires identifiés dans le PNCD constitue donc un changement notable par rapport aux ambitions affichées durant la Transition. Elle ne vaut toutefois pas décision officielle d’abandon. Pour ce projet dont le coût de construction avait été évalué à 180 milliards fcfa, l’enjeu porte désormais sur sa place dans la nouvelle programmation des investissements et sur le devenir des opérations préparatoires inscrites dans l’ancien plan. Le rapprochement entre le PNDT 2024-2026 et le PNCD 2026-2030 permet de mesurer le déplacement des priorités ferroviaires vers les infrastructures de transport de marchandises et les corridors miniers.













