Parmi 25 pays africains notés par Moody’s, le Gabon reste dans le cercle des 4 perspectives négatives

Le Gabon demeure dans un groupe désormais minoritaire parmi les souverains africains suivis par Moody’s. Sur les 25 pays d’Afrique subsaharienne notés par l’agence, huit bénéficient actuellement d’une perspective positive, treize d’une perspective stable et seulement quatre d’une perspective négative. Ces derniers sont Maurice, le Gabon, le Mali et le Sénégal. Le constat intervient au moment même où Moody’s relève à positive son appréciation générale des perspectives de crédit de l’Afrique subsaharienne, soutenue par les réformes économiques, des prix de matières premières encore élevés et un accès au financement jugé plus favorable.

Le classement ne signifie pas que ces quatre pays présentent un niveau de risque identique. Une perspective indique avant tout la direction possible d’une note à moyen terme. Ainsi, Maurice fait partie, avec le Botswana, des deux seuls pays sur les 25 suivis par Moody’s dans la région à appartenir à la catégorie investissement, tout en affichant actuellement une perspective négative. Le Gabon se situe pour sa part beaucoup plus bas dans l’échelle de notation : Moody’s maintient sa note souveraine à Caa2, un niveau associé à un risque de crédit très élevé.

La perspective gabonaise avait été abaissée de stable à négative le 24 juin 2026. Moody’s avait alors retenu trois principaux facteurs : des besoins de financement importants, un accès limité aux sources de financement et la possibilité d’une nouvelle augmentation de la dette. L’agence avait même averti que de nouvelles opérations d’échange de dette réalisées sous contrainte pourraient être assimilées à des restructurations en situation de détresse. Les conditions de marché internationales étaient également jugées susceptibles de rendre les nouvelles émissions extérieures plus coûteuses pour Libreville.

Depuis, le gouvernement a clarifié une partie de l’équation en achevant son audit de la dette. Le stock consolidé de dette et d’autres sommes exigibles a été ramené à 9 524,643 milliards  à fin 2025, soit 68,91 % du PIB, contre une estimation initiale proche de 11 700 milliards. Ce travail a été transmis au FMI et sert désormais de référence aux discussions avec les partenaires financiers. Mais la correction statistique du stock ne règle pas la question des flux futurs : déficit, nouvelles émissions, remboursement des échéances et financement du programme d’investissement continuent de déterminer la trajectoire de l’endettement.

C’est ici que le Gabon se distingue aujourd’hui de la tendance africaine décrite par Moody’s. L’agence prévoit une dette moyenne régionale ramenée à 56,6 % du PIB en 2027, contre 62,4 % en 2025, et des besoins de financement également en diminution. À l’inverse, elle range le Gabon parmi les pays où l’endettement devrait progresser le plus. Le fait de rester parmi seulement 4 perspectives négatives sur 25 place donc les choix budgétaires de Libreville sous une surveillance accrue, au moment où l’État doit simultanément financer ses investissements, honorer un service de la dette croissant et préserver son accès aux marchés.

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