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Satram Gabon : l’énigme DRAPOR ou le casse du siècle avec 20 milliards évaporés au Maroc 

L’une des zones d’ombre les plus denses du dossier Satram concerne le rachat de la société marocaine DRAPOR. Selon les documents consultés par notre rédaction (Questionnaire, point n°11), SATRAM a injecté entre « 29 et 33 millions d’euros » (20 milliards de fcfa) pour cette acquisition en 2007. Pour les travailleurs, le ratio est insupportable : cet investissement représentait à l’époque l’équivalent de deux années de bénéfices nets du groupe au Gabon. Aujourd’hui, alors que DRAPOR est en liquidation au Maroc, les délégués demandent à Tarik Jahkouk de clarifier pourquoi ces capitaux n’ont jamais servi à éponger la dette sociale locale.

Alors que les travailleurs gabonais croupissent dans la misère, cette mise en liquidation à l’étranger soulève l’indignation. Les délégués du personnel demandent avec force au PCA de s’expliquer « publiquement pourquoi et comment cela a été fait ». L’inquiétude est légitime : l’argent généré ou investi au Maroc aurait-il pu être rapatrié pour sauver le navire amiral à Port-Gentil ? Avec ces 20 milliards « expatriés », le groupe aurait pu couvrir 80% de sa dette sociale actuelle, évitant ainsi le drame humain en cours.

L’analyse des références médiatiques cités par nos sources (Jeune Afrique, Financial Afrik) montre que ce rachat, jadis gloire du groupe, ressemble désormais à une fuite de capitaux organisée. Le questionnaire (Question n°12) s’interroge sur les « conventions de financement » avec les filiales au Cameroun ou en Guinée. Tout porte à croire que le groupe a fonctionné comme un système de vases communicants où le profit fuyait vers l’étranger tandis que la dette s’accumulait au Gabon, épuisant la substance vitale de l’entreprise mère.

La direction est aussi interpellée sur l’absence de « rapport de gestion » depuis sa prise de fonction (Question n°3) et sur le « paiement des dividendes par ALOGIS » (Question n°5). Si DRAPOR a produit de la valeur pendant des années, où est passée cette richesse ? Cette énigme marocaine est le cœur du ressentiment : savoir que des milliards ont été mobilisés pour une aventure internationale pendant que les cotisations sociales élémentaires étaient délaissées est une insulte à la sueur des employés gabonais.

L’affaire DRAPOR n’est pas qu’un échec commercial, c’est potentiellement le pivot d’un dispositif financier complexe. En isolant les bénéfices à l’international et en laissant les dettes au Gabon, la direction a créé un déséquilibre fatal. Le rapatriement de ces fonds ou la clarification de leur usage est la condition sine qua non pour espérer un dénouement juste pour les 800 familles sacrifiées sur l’autel d’une ambition marocaine aux contours flous.

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