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Audits à la pelle : à quand la publication des résultats et les sanctions y afférentes ?

Depuis le 30 août 2023, les nouvelles autorités ont fait de l’audit financier l’arme cardinale de sa communication politique. Qu’il s’agisse de la gestion des municipalités ou du contrôle des administrations centrales, les inspections sont systématiquement médiatisées. Cette mise en scène de la rigueur comptable vise à saturer l’espace public de promesses de moralisation, créant une illusion d’assainissement immédiat des finances publiques.

L’opinion publique observe

Pourtant, l’examen des faits révèle une géométrie hautement variable dans le traitement et la publication de ces rapports. L’opinion publique observe un contraste saisissant entre la célérité des enquêtes visant des figures politiques locales déchues et l’enlisement des dossiers hautement stratégiques. L’accumulation d’effets d’annonces sans suite judiciaire concrète commence à transformer ces audits en de simples outils de neutralisation ou de repositionnement des élites politiques.

La Holding Delta Synergie était détenue à 19,5% par Ali Bongo, à 19.5% par Pascaline Bongo, à 18.5% par la succession Omar Bongo. Les 43% restant se répartissaient entre d’autres membres de la famille Bongo et des proches.

L’exemple le plus flagrant de cet immobilisme est l’audit général, financier et immobilier de la holding Delta Synergie, le coffre-fort historique du clan Bongo, annoncé en grande pompe en mars 2024. Pour rappel, et selon un article de Mays Mouissi publié le 29 avril 2015, la Holding Delta Synergie était détenue à 19,5% par Ali Bongo, à 19.5% par sa sœur Pascaline Bongo, à 18.5% par la succession Omar Bongo. Les 43% restant se répartissaient entre d’autres membres de la famille Bongo et des proches. Aujourd’hui, impossible de savoir qui détient quoi.

Plus de deux ans après la déclaration solennelle sous les projecteurs de la télévision nationale d’auditer cette pieuvre financière, aucun rapport n’a été rendu public, aucun bilan n’est consultable, et la direction de la holding a simplement indiqué avoir « pris acte ». Ce silence radio alimente le soupçon d’un accord de protection mutuelle en coulisses.

Quid de la gestion des 63 Mrds alloués aux provinces ?

Le mystère s’épaissit également autour de la gestion des 63 milliards de fcfa alloués aux provinces, à raison de 7 milliards de fcfa par gouvernorat pour le développement local. En mai 2026, la gestion de ces fonds est plongée dans une opacité totale, les populations dénonçant des chantiers fantômes et une absence flagrante de réalisations sur le terrain. La cacophonie administrative autour de ces budgets provinciaux prouve que la décentralisation financière se heurte aux mêmes réseaux de détournement qu’auparavant.

Dévaluation de la parole publique

En substituant le verbe à l’action punitive, le gouvernement dévalue la parole publique et use la patience du contribuable. Si l’accès aux conclusions des audits majeurs reste verrouillé, la preuve sera faite que ces opérations ne visent pas la transparence économique, mais le contrôle politique. Le peuple gabonais n’attend plus des dénonciations cathodiques, mais le remboursement des fonds publics et l’incarcération des prédateurs économiques.

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