En moins de deux ans, Canal+ a vu fondre l’essentiel de ses exclusivités sportives et de divertissement en Afrique, avec comme dernier revers, les chaînes du groupe TF1, désormais indisponibles. Une fragilisation qui ressemble à la fin d’un règne pour un bouquet payant jugé, par beaucoup, de moins en moins pertinent.
L’opérateur français de la télévision payante encaisse coup sur coup. En l’espace de deux ans, Canal+ a perdu l’exclusivité de ses principaux produits d’appel en Afrique francophone, entamant fortement la relation de confiance avec des millions d’abonnés. Parmi les derniers signaux de cette dégringolade : depuis septembre 2024, les abonnés de Canal+ Afrique subsaharienne francophone ont vu leur accès à la Ligue des champions européenne se réduire. Ils ne bénéficient plus de l’intégralité des rencontres du mardi et du mercredi soir, contrairement aux saisons précédentes.
Autre coup, plus lourd encore : la FIFA a retiré à Canal+ les droits de diffusion de la Coupe du monde 2026 pour l’Afrique francophone, au profit de New World TV, une chaîne basée au Bénin. L’opérateur historique ne diffuse aucun des 104 matchs du Mondial coorganisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Un choc pour les abonnés, qui se voient contraints de chercher ailleurs des solutions pour suivre la compétition.
Dernier épisode en date : Canal+ a annoncé, ce 30 juin 2026, la fin de la diffusion de sept chaînes du groupe TF1 sur le continent africain — TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI, Ushuaïa TV et Histoire TV — après l’échec des négociations sur le renouvellement de leur accord de distribution. TF1 a annoncé dans la foulée que ses programmes restent accessibles en Afrique via d’autres distributeurs — Orange, Digital Virgo, Malivision ou Mauritius Telecom — ainsi que via la plateforme TF1+.
Pris isolément, chacun de ces épisodes pourrait relever de l’aléa commercial. Mais mis bout à bout, sur moins de deux ans, ils dessinent une tendance préoccupante pour l’opérateur appartenant au milliardaire français Vincent Bolloré. Comme un chant du cygne pour Canal+…
Cette fragilisation intervient alors que l’offre concurrente s’est considérablement étoffée sur le continent : TNT gratuite, bouquets locaux, connexion satellite Starlink et télévisions connectées offrent désormais des alternatives crédibles à un bouquet payant de moins en moins en mesure de justifier son tarif par l’exclusivité de son contenu.
Pour Canal+, l’enjeu des prochains mois ne sera plus seulement de reconquérir des droits perdus, mais de défendre sa place sur un marché où la concurrence n’a jamais été aussi agressive, et où ses 9,7 millions d’abonnés en Afrique francophone, mieux informés et mieux équipés, sont de plus en plus tentés de regarder ailleurs














