Gabon : un système de comptage parallèle a détourné 85% des pertes commerciales de la SEEG en 2022

Un système numérique parallèle de gestion et de collecte des paiements a fonctionné au sein de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon, révèle le Pacte National de l’Énergie publié par le gouvernement. Sa découverte, en 2024, a mis en évidence des pratiques frauduleuses ayant contribué à 85% des pertes commerciales totales de l’entreprise en 2022. Le document gouvernemental ne détaille ni la nature exacte du montage, ni les personnes impliquées, ni la durée pendant laquelle ce système a opéré avant d’être identifié.

Le silence sur ces points n’est pas anodin. La numérisation du comptage électrique au Gabon remonte à une période antérieure à l’an 2000, avec un remplacement progressif des compteurs classiques par des dispositifs électroniques à prépaiement. Le pays avait, à cet égard, fait figure de pionnier en Afrique subsaharienne. Qu’un système parallèle ait pu s’installer et prospérer dans une infrastructure aussi ancienne et censément maîtrisée pose la question du niveau de contrôle interne exercé sur la chaîne de facturation pendant les années précédant la découverte.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement a décidé de placer la SEEG sous administration provisoire, officiellement pour rétablir la gouvernance, renforcer la transparence et améliorer la qualité du service. Une nouvelle équipe dirigeante a été installée début juin 2025, mettant fin à cette période d’administration provisoire. Le document précise que les états financiers annuels de la SEEG pour l’exercice précédent n’ont pas été certifiés, et que le Gouvernement a donné instruction pour que les écarts constatés soient corrigés pour l’exercice 2025, sans détailler la nature de ces écarts.

La réponse institutionnelle affichée reste, pour l’heure, essentiellement organisationnelle. Réduction du nombre de directions de 54 à 16, rationalisation du personnel à travers réaffectations et départs à la retraite, et actions disciplinaires évoquées contre les auteurs de fraudes, sans que le document ne précise si des poursuites ont été engagées ou si les responsabilités identifiées ont été rendues publiques.

Le Pacte fixe un objectif clair : la publication des états financiers annuels audités de la SEEG doit intervenir en 2026. Ce sera le premier test de la promesse de transparence portée par cette réforme, et l’occasion de savoir si le grand public aura accès aux détails d’un système de fraude qui a pesé pendant des années sur la facture des Gabonais.

le coup de coeur

Derniers Articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img